Affaire Patrice Evra: quand la presse française incite au hooliganisme

Patrice Evra face aux supporteurs marseillais à Guimaraes au Portugal

Un homme qui perd ses nerfs dans la société actuelle, rien de vraiment original sous le soleil. Quand cet homme s’appelle Patrice Evra, qu’il joue à l’Olympique de Marseille et que c’est une personne présentée comme l’un des supporters du club dont il porte le maillot qui l’agresse verbalement et qu’il lui répond par la violence physique, toute la presse française s’emballe et se met à hurler avec les loups, contre un international français venu terminer sa carrière dans le club phocéen.

Cette affaire arrive dans un contexte assez particulier. après l’affaire Weinstein qui s’est passée aux Etats-Unis et a donné lieu au lancement du hashtag #BalanceTonPorc pour dénoncer tous les hommes auteurs de harcèlement sexuel contre des femmes. La parole a été libérée – et tant mieux d’ailleurs – pour combattre ce phénomène insupportable. Qui pourrait, dans ce contexte, lever le doigt pour expliquer à ces femmes victimes de harcèlement qu’elles l’ont bien cherché et qu’elles manquent de dignité en utilisant leurs moyens à elles pour se défendre contre leurs bourreaux ?

Pourtant c’est le reproche qui est fait à Patrice Evra. Un journal a intitulé à la suite de cette altercation violente : Insupportable.

Sous prétexte que les joueurs de football doivent être exemplaires, certains journalistes semblent oublier que ce n’est pas parce que les footballeurs doivent être exemplaires que les supporters peuvent s’affranchir de cette obligation. Cette émission de CNEWS, en est l’illustration parfaite.

L’impression que cette attitude dégage c’est que certains journalistes prennent des libertés avec les fondamentaux du métier. Ce faisant, ils ne rendent service à personne. Ni à leurs rédactions, ni au journalisme à la française, encore moins au public avec lequel ils hurlent, comme de vulgaires populistes.Patrice Evra n’avait bien sûr pas à réagir comme il l’a fait. Seulement il l’a déjà fait. Aucun-e d’entre nous ne peut se mettre dans sa tête ou à sa place pour déterminer les raisons précises qui l’ont poussé à poser cet acte répréhensible. A partir de là, l’humilité nous commande de rester au minimum professionnels ou justes dans nos commentaires.Eric Cantona, en son temps, avait mis un supporter au sol par un « coup de pied sauté » le 25 janvier 1995. Il y avait eu le « coup de boule » de Zinédine Zidane asséné en pleine finale de la Coupe du monde de football en 2006. Tout cela se passe sur la pelouse, ou en bordure de celle-ci. Comparaison n’est certes pas raison, mais Patrice Evra n’a rien inventé. Vous ajoutez à cela le fait que Karim Benzema, malgré ses performances en club, ne trouve pas grâce aux yeux du sélectionneur de l’équipe de France de football, reconnaissons que le métier de sportif de haut niveau est tout sauf facile à exercer. La pression à laquelle ces hommes et femmes sont soumis au quotidien et tout au long de leur carrière est infernale. Ce n’est donc pas parce que certains illuminés qui n’ont rien à faire dans un stade viennent en rajouter à cette pression déjà difficile à gérer que les journalistes doivent excuser leur comportement ou les dédouaner en inversant la charge de la faute. A moins qu’il ne s’agisse d’une incitation au hooliganisme ou au lynchage de joueurs aux performances et à la conduite discutables. A titre de rappel, la cote de popularité des journalistes en France est loin d’être enviable.En France, le journalisme fait partie des professions auxquelles les Français ne font pas confiance. Ils font moins confiance aux journalistes qu’aux politiciens, malgré les casseroles que ces derniers n’arrêtent pas de traîner depuis quelques années. Pour être tout à fait honnête, toute la presse française n’a pas accablé Patrice Evra. Cet article du journal 20 Minutes semble mettre ce geste en partie sur le compte de la difficulté que le joueur aurait à trouver une maison pour abriter sa famille à Marseille. Il n’est pas certain qu’après ce nouvel épisode Evra, la situation s’améliore pour la corporation. Le pire n’est pas toujours certain, sauf à tout faire pour provoquer son avènement.

@keumayou

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