Soudan : l'Union africaine met en garde le nouveau pouvoir militaire

Omar el-Béchir ©AFP

L’Union africaine a menacé lundi de suspendre le Soudan de l’organisation continentale si l’armée, à la tête du pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir, ne quitte pas le pouvoir au profit d’une “autorité politique civile” d’ici une période de 15 jours.

Dans un communiqué, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA (CPS) “demande que l’armée soudanaise se retire et remette le pouvoir à une autorité politique civile (…) d’ici à 15 jours maximum”.

Dans le cas contraire, certains protocoles de l’UA seront mis en place, dont “la suspension de la participation du Soudan à toutes les activités de l’UA jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel”.

L'UA condamne fermement et rejette totalement la prise de pouvoir par l'armée soudanaise, ainsi que son intention de mener une période de transition de deux ans...

Le CPS “condamne fermement et rejette totalement la prise de pouvoir par l’armée soudanaise, ainsi que son intention de mener une période de transition de deux ans” et soutient qu’“une transition menée par les militaires serait complètement contraire aux aspirations du peuple soudanais, ainsi qu’au instrument pertinent de l’UA”.

Le renversement d’un “président élu démocratiquement n’est pas conforme aux provisions pertinentes de la constitution soudanaise de juillet 2005”, estime le CPS, qualifiant la prise de pouvoir de l’armée de “coup d’Etat”.
Le Conseil appelle l’autorité civile qui sera au pouvoir à mener “un processus inclusif et consultatif impliquant tous les acteurs et intervenants politiques soudanais” afin de trouver un accord sur les modalités de la transition menée par cette autorité civile.
Coup d’Etat

En 2013, l’UA avait suspendu l’Egypte et la Centrafrique à la suite de coups d’Etat dans ces pays, qui ont depuis été réintégrés à l’organisation continentale, qui compte 55 membres.

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1989, Omar el-Béchir, 75 ans, a été renversé jeudi par les militaires, près de quatre mois après le début d’un mouvement de contestation inédit qui a fini par s’installer le 6 avril devant le QG de l’armée, pour réclamer le soutien des militaires.

Son départ n’a pas calmé les manifestants, qui réclament justice. La dissolution du Conseil militaire de transition a été réclamée lundi par les organisateurs de la contestation au Soudan, au 10e jour d’un sit-in rassemblant des milliers de manifestants.

Avec AFP