Sénégal : Macky Sall réélu dès le premier tour

Le président sénégalais sortant, Macky Sall, a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle en recueillant 58,27 % des suffrages lors du scrutin du 24 février, a annoncé, jeudi 28 février, la Commission nationale de recensement des votes

Le chef de l'État sortant, qui revendiquait la victoire depuis dimanche, a recueilli 58,27% des voix, selon la Commission nationale de recensement des votes. Au pouvoir depuis 2012, il devance l'ancien premier ministre Idrissa Seck.

Le Sénégal retenait son souffle dans l'attente de l'annonce des résultats provisoires du premier tour de la présidentielle. Le président sortant Macky Sall a finalement été réélu au premier tour avec 58,27% des suffrages lors du scrutin du 24 février, selon les résultats officiels provisoires dévoilés ce jeudi par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV). Macky Sall, au pouvoir depuis 2012, devance l'ancien premier ministre Idrissa Seck (20,50%), le député «antisystème» Ousmane Sonko (15,67%), le président d'université privée Issa Sall (4,07%) et l'ancien ministre Madické Niang (1,48%).

Ces résultats, qui ont été annoncés par le président de la CNRV, le magistrat Demba Kandji, vont mettre «fin à la guerre des chiffres», estimait un peu plus tôt le média Sud Quotidien, qui comme l'ensemble de la presse sénégalaise a les yeux rivés sur le Palais de justice de Dakar. C'est dans ce bâtiment moderne, placé sous haute surveillance, que cette institution a examiné depuis mardi les procès-verbaux transmis par les commissions électorales décentralisées, réparties dans les 45 départements du pays, ainsi que les votes des Sénégalais de l'étranger. Son verdict est toutefois susceptible de recours devant le Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats définitifs.

Dénonçant des «irrégularités» lors du scrutin, le Pastef-les Patriotes, la formation d'un des candidats les plus en vue, Ousmane Sonko, a appelé dans un communiqué à la «vigilance absolue» et à refuser tout «forcing» de la majorité pour déclarer vainqueur le président sortant, responsable selon elle d'un «recul démocratique». Mais les résultats égrenés par les médias sénégalais, qui ont collecté les données des procès-verbaux affichés devant chaque tribunal départemental, avaient conforté l'optimisme du camp présidentiel, qui, dès dimanche soir, avait revendiqué la victoire au premier tour de Macky Sall par la voix du premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.
«Déclarations contradictoires»

L'annonce du chef du gouvernement avait provoqué la colère d'Ousmane Sonko, arrivé troisième selon la presse, et de l'ancien premier ministre Idrissa Seck, deuxième. Ces «déclarations contradictoires» des deux camps étaient «de nature à générer des tensions», a regretté mardi la cheffe de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne, Elena Valenciano, même si très peu d'incidents ont été relevés depuis dimanche.

Macky Sall entend désormais poursuivre la mise en œuvre de son «Plan Sénégal émergent», lancé en 2014, dont la première phase s'est principalement traduite par de grands travaux, notamment l'édification de la ville nouvelle de Diamniadio, à 32 km de Dakar, l'ouverture d'un nouvel aéroport international ou encore la construction d'un train express régional dont la mise en service est attendue dans les prochains mois.

L'opposition a dénoncé avant le vote l'invalidation des candidatures de Karim Wade, fils et ancien ministre du président Abdoulaye Wade (2000-2012), et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires. Elle a aussi critiqué l'instauration d'un nouveau système de parrainages qui a éliminé 20 des 27 prétendants.

Avec AFP