RDC: Vital Kamerhe et son co-accusé Samih Jammal, condamnés à 20 ans de prison

Vital Kamerhe

Le verdict final du procès 100 jours tant attendu en République Démocratique du Congo est finalement tombé ce samedi 20 juin 2020. Vital Kamerhe, directeur du cabinet du président congolais et Samih Jammal, responsable de la société SAMIBO, ont été condamné à 20 ans de prison pour détournement de deniers publics.

À l'issue de son réquisitoire du 11 juin dernier, le procureur général avait appelé le Tribunal à établir l'infraction de détournement des deniers publics de la somme de 48 millions USD. Le procureur avait demandé la peine de 20 ans des travaux forcés pour Vital Kamerhe et Samih Jammal.

Le procureur avait, en outre, sollicité la privation du droit à la condamnation ou à la libération conditionnelle et à la réhabilitation à la charge de Kamerhe et Jammal. S'agissant de Samih Jammal en particulier, le procureur avait plaidé pour son expulsion définitive du territoire de la République Démocratique du Congo après l'exécution de la peine.

24h avant le prononcé du juge, soit le 19 juin de l'année en cours, le gouvernement avait, au terme du conseil des ministres présidé par le président Tshisekedi par visioconférence, annoncé avoir pris toutes les dispositions en vue de faire face à tout mouvement qui pourrait résulter de la conclusion de ce procès.

Pour rappel, le procès relatif au programme d'urgence de 100 premiers jours du président Tshisekedi dans son volet concernant l’achat et l’érection de maisons préfabriqués, a débuté le 11 mai dernier à Kinshasa.

Kamerhe va faire appel

« Nous allons en appel. Ce juge n’a pas rendu la justice. Il a été condamné sur base des éléments non discutés aux audiences. Il n’a pas prouvé comment est-ce que Vital Kamerhe a détourné l’argent », a annoncé sur TOP CONGO FM, Me Kabengela, avocat de Vital Kamerhe condamné à « 20 ans des travaux forcés et 10 ans d’inéligibilité pour détournement » de plus de 48 millions de dollars américains.

Pour lui, « on condamne Vital Kamerhe sur de simples déclarations de Sammih Jammal et Jeannot Muhima ».

Me Kabengela estime même que « le Tribunal a condamné des personnes qui n’ont jamais fait partie au procès en ordonnant la confiscation des fonds contenus dans les comptes bancaires de Hamida Chature et Soraya Mpiana alors qu’il aurait dû ouvrir les débats »