RDC: les autorités ferment l'université de Kinshasa suite aux violences

L’entrée principale de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), le 8/8/2019. Radio Okapi/Photo John Bompengo

Toutes activités au sein de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, a décidé mardi 7 janvier le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Thomas Luhaka. Dans sa décision contenue dans un communiqué de presse, il ordonne aussi le délogement de tous les étudiants qui occupent les résidences universitaires endéans 48 heures.

« Passé ce délai, recours sera fait aux forces de l’ordre », prévient le ministre de l’ESU, qui annonce une opération d’identification des étudiants régulièrement inscrits, avant d’opérer une réinstallation rapide des étudiants dans les homes.

Thomas Luhaka demande aux autorités compétentes de la Police nationale congolaise (PNC), des services de sécurité et de la Justice, de procéder « le plus rapidement possible » à l’identification et à l’arrestation des auteurs des forfaits perpétrés par les étudiants.

Les étudiants ont manifesté lundi 6 et mardi 7 janvier 2020, pour protester contre la fixation des frais académiques à 485 000 ou 285 USD pour les classes montantes, et 495 000 ou 291USD pour celles de recrutement. Ils estiment que ce montant est différent de celui de 164 000 Fc, soit 96 USD, fixé par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Ils ont aussi eu des accorchages avec les policiers venus rétablir l’ordre dans le campus.

Dans ce mouvement, Thomas Luhaka déplore l’assassinat d’un agent de l’ordre des blessés comptabilisés : 7 blessés graves et deux policiers grièvement blessés, selon la police.

Plusieurs autres dégâts matériels ont été recensés : des voitures des particuliers ont été brûlées, la Banque commerciale du Congo (BCDC) a été attaquée, le siège de l’Association des professeurs et le bâtiment administratif de l’UNIKIN ont été saccagés.

Après ces échauffourées, la coordination des étudiants, notamment, s’était désolidarisée de ce mouvement, en condamnant aussi des actes de vandalisme. A la suite de ces troubles, les professeurs de l’APUKIN avaient sollicité entre autres le délogement des étudiants des homes universitaires.