RDC: Le domicile de Jean-Marie Kassamba vandalisé par des manifestants

Maison de Jean-Marie Kassamba à Kinshasa, RDC.

Le domicile de Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne congolaise Télé 50 a été vandalisée ce mercredi 24 juin par les manifestants pro-UDPS (parti du Président Tshisekedi).

Ils étaient décidés à se rendre au Palais du Peuple, le bâtiment abritant le Parlement congolais afin d'empêcher les débats sur les propositions des lois sur la réforme de la justice introduites par les députés Front Commun pour le Congo (FCC) Gary Sakata et Aubin Minaku.

Ils avaient menacé de descendre dans la rue au cas où ces propositions de lois ne sont retirées. Armés de pierres, les manifestants conduit par des taxis motos identifiés comme des sympathisants de l'UDPS s'en sont pris aux biens des personnalités du FCC. 

Jean-Marie Kassamba, journaliste et directeur de Télé 50, connu pour être proche de l'ancien président congolais, Joseph Kabila a vu sa maison et ses véhicules caillassés lors du passage des manifestants devant son domicile. Contacté par Oeil d'Afrique, Jean-Marie Kassamba dénonce une violence dont les motivations sont ailleurs. " Je suis attaqué ! Je ne suis ni ministre, ni député, mais c'est mon domicile qui est attaqué ! C'est ma personne qui était visée !"

 

L'homme des médias n'a pas encore fini de rassembler les preuves afin de dénoncer le vandalisme dont il a était victime. "Je sécurise mes biens puis j'irai voir les autorités afin que les auteurs de ces actes soient punis comme le prévoit la loi. Car nous appelons tous à un Etat de droit. Nous ne pouvons pas accepter que certains se donnent le droit de se sentir au-dessus des lois parce qu'ils seraient membres de la famille politique du Président Tshisekedi".

Que disent les propositions Gary Sakata et Aubin Minaku ?

Les trois propositions des lois portent respectivement sur le statut des magistrats, l’organisation et le fonctionnement des juridictions de l’ordre judiciaire ainsi que sur le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Pour le député Jean-Pierre Tshimanga Buana "l’enjeu de la réforme, c’est la quête de l’efficacité du pouvoir judiciaire. Il ne faut pas perdre de vue que l’indépendance de la justice a été instituée par la Constitution et les lois pertinentes de la République pour assurer l’impartialité et l’objectivité de la justice. Cela n’implique pas le libertinage". 

Il poursuit "Cette réforme ne touche nullement au pouvoir judiciaire tel que défini à l’article 149 de la Constitution. Partant, elle n’énerve pas la Constitution. Elle se borne au seul champ de la loi. Cette réforme vise à donner plein sens à l’autorité du ministre de la Justice sur les magistrats du Parquet qui sont les bras séculiers du gouvernement pour la mise en exécution de sa politique criminelle".

Contestation de l'opposition et de l'UDPS

Pour le député Delly Sessange, "ces propositions consacrent l’inféodation et la caporalisation de la justice par l’exécutif du fait de l’immixtion du ministre de la Justice dans les prérogatives dévolues à l’appareil judiciaire en politisant son recrutement, instaurant une subordination du parquet, relégué au rang d’agents subalternes du ministre de la Justice et en légalisant l’instrumentalisation politique de la justice".

Puis d'ajouter, " Ces propositions violentes de façon flagrante la Constitution dans ses articles 152 et 220, en ceci qu’elles portent atteinte à l’indépendante du pouvoir judiciaire en instaurant un régime disciplinaire des magistrats aux mains du ministre de la Justice."

La grande famille de l'opposition regroupée sous la banière LAMUKA a appelé dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le peuple congolais à se tenir prêt pour le mot d’ordre, comme ce fut le cas en janvier 2015 contre la loi du recensement.