Moïse Katumbi tentera d’entrer en RDC par la Zambie

Moise Katumbi, opposant congolais, candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018

Moïse Katumbi a finalement annoncé qu'il renonçait à atterrir vendredi à Lubumbashi. L'équipe de l'opposant à Joseph Kabila assure que les autorités lui ont refusé l'atterrissage, et annonce que Moïse Katumbi se rendra en Zambie pour tenter de regagner la RDC par la route.

Parviendra-t-il à regagner la RDC comme annoncé ? Moïse Katumbi a renoncé vendredi 3 août à atterrir à Lubumbashi pour rentrer en RDC, qu’il va maintenant tenter de regagner par la Zambie, a indiqué sa plate-forme électorale « Ensemble ». « Cette décision est officielle », a déclaré Delly Sesanga, le secrétaire général de sa formation.

« Il a finalement renoncé à venir en avion, car les autorités lui ont refusé le survol de la RDC. Il passera donc par la route », a déclaré à Jeune Afrique Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, député proche de Moïse Katumbi. « C’est incompréhensible : il accepte de se mettre à la disposition de la justice de son pays, mais on lui refuse de rentrer dans son pays », a-t-il ajouté depuis l’aéroport de Lubumbashi.

D’après le compte Twitter d’Olivier Kamitatu, le porte-parole d’Ensemble, Moïse Katumbi est sur le point de décoller de Johannesburg (Afrique du Sud) en direction de Ndola (Zambie) – soit environ deux heures de vol -, où il tentera donc de rejoindre Lubumbashi en voiture.

 

À Lubumbashi, des partisans de Moïse Katumbi ont pris la route vers la Zambie, dont la frontière est située à 90 km de la capitale du Katanga. Mais la route est bloquée par un camion placé en travers de la voie juste avant le péage marquant la sortie de Lubumbashi.

« Comme vous pouvez le voir, nous attendons le président (Katumbi) mais le pouvoir ne veut pas qu’il soit là », a déclaré à la presse le frère de Moïse Katumbi, Abraham Soriano, un des responsables politiques d’Ensemble.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt

Le ministre des Transports et Communications, José Makila Sumanda, avait indiqué « n’avoir jamais reçu de demande d’autorisation de survol et d’atterrissage pour l’avion de M. Moïse Katumbi ». Une version démentie par le député Delly Sesanga, qui a précisé avoir fait les démarches auprès de l’Autorité de l’aviation civile (AAC), chargée de la délivrance ou non de l’autorisation de survol et d’atterrissage.

Moïse Katumbi, qui souhaite déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre, pourrait par ailleurs tomber sous le coup d’un mandat d’arrêt dès son retour en RDC. « Il sera en état d’arrestation immédiate » pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, a indiqué un communiqué diffusé jeudi soir par le parquet. En cause : l’affaire dite des « mercenaires », pour laquelle le leader d’Ensemble avait été poursuivi il y a quelques années.

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