Marie Rose Nguini Effa, député camerounais: “Je ne permets pas de juger les décisions de l’Union africaine”

Marie Rose Nguini Effa au Rebranding Africa Forum| 5 oct 2017| Oeil d'Afrique

Présidente du Forum des parlementaires africains sur population et développement, ma député camerounaise, Marie Rose Nguini Effa s’est exprimée en marge des travaux de la session satellite du Rebranding africa forum 2017. Elle insiste sur la néccessité d’associer les journalistes dans la marche de l’Afrique. Elle a également jeté un regard sur l’engagement de l’Union africaine à investir sur la jeunesse. Interview.

 

Oeildafrique: Quelle appréciation faîtes-vous de cette première journée d’échanges entre partenaires financiers, journalistes et société civile?

 

Marie ROSE: C’est une journée mémorable, spéciale parce que qui dit mieux que les journalistes, les médias, les communicateurs, les messages sur la démographie, le dividende démograhique. C’est très important que les communicateurs soient présents parce que ce sont eux qui relaient le message, qui peuvent le traduire en langue, qui peuvent le passer à toutes les populations, qui sont écoutés partout.  C’est très important que tout le monde soit là, qu’on parle le même langage. 

 

Il y a toujours une mauvaise interprétation du planing familial en Afrique. Par exemple au Burkina Faso, il y a eu une polémique sur la décision  de limiter à trois le nombre d’enfants pour chaque femme. Quel rôle peuvent jouer les journalistes pour un changement de comportement ?

 

Les journalistes ont un rôle important à jouer parce qu’ils sont un peu des indicateurs pour les populations. Ce sont eux qui doivent transmettre le message juste. Si les populations se soulèvent c’est parce qu’elles ne savent pas de quoi on parle. Donc, la presse à un rôle d’éducateur, d’enseignant à jouer qui doit être priorisé. Il leur revient d’expliquer que le planning familial ne consiste pas seulement à limiter le nombre d’enfants, mais à faire le nombre d’enfants qu’on souhaite avoir et qu’on est capable d’entretenir parce que la situation économique dans nos pays est très compliquée. Si on fait des enfants pour faire des enfants, comment on va les éduquer? Comment on va les envoyer à l’école? C’est pour faire encore des enfants qu’on va envoyer dans les bateaux pour aller mourir en mer. Pour toutes ces questions, il faut que le journaliste soit bien formé pour q’il puisse transmettre le bon message. 

 

Quel jugement faites-vous de l’engagement de l’Union africaine à intensifier les investissements en faveur de la jeunesse?

 

Je ne permets pas de juger les décisions de l’Union africaine parce que je pense que nos chefs d’Etat sont non seulement souverains mais ils sont conscients de ce qu’ils font. Je fais le pèlerinage pour inciter les uns et les autres à respecter cette feuille de route de l’Union africaine (intensifier les investissements en faveur de la jeunesse, NDLR)

 

Quel rôle doivent jouer les parlementaires dans cette dynamique?

 

Premièrement, les parlementaires doivent veiller à ce que les chefs d’Etat respectent leur engagement. C’est déjà la priorité. Nous devons ratifier les textes qui concernent cet engagement et nous aussi, nous devons faire le plaidoyer lorsque nous nous rendons en circonscription. Je pourrais dire que c’est quelque chose d’utilité publique. Il faut faire partie de la mouvance pour faire respecter cet engagement.

 

Propos recueillis par Berja BONAZEBI, Envoyé Spécial à Bruxelles