Le Soudan accepte de remettre l’ex-président Omar el-Béchir à la CPI

 L'ex-président soudanais Omar el-Béchir, le 14 mars 2019, au palais présidentiel à Khartoum. Ashraf Shazly, AFP

Le gouvernement soudanais a accepté de remettre l'ancien président Omar el-Béchir et trois autres personnes à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'ils y soient jugés, ont indiqué mardi plusieurs sources concordantes.

Le gouvernement soudanais a accepté de remettre l'ancien président Omar el-Béchir et trois autres personnes à la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'ils y soient jugés, ont indiqué mardi plusieurs sources concordantes.

Omar el-Béchir, 76 ans, est recherché par la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Les procureurs affirment que les forces pro-Béchir ont tenté d’éradiquer des groupes ethniques dans leur totalité au Darfour, une région située dans l’Ouest du Soudan. Les faits remontent à 2003, quand une rébellion est apparue dans la région.

La décision d’extrader l’ancien président intervient après des négociations, dans la capitale du Sud-Soudan voisin, entre une délégation du gouvernement soudanais et des groupes rebelles du Darfour.

Ahmed Hassan, le porte-parole du Conseil Souverain du Soudan, a confirmé l'accord aux journalistes. Il a déclaré que l’objectif visé par cette décision est d’apporter la justice et une paix durable dans l'ensemble du Soudan.

"Nous avons donc convenu que nous soutenions pleinement la CPI et nous avons convenu... que les quatre criminels recherchés devaient être remis à la CPI", a-t-il déclaré. "Il s’agit bien d’el-Béchir et de trois autres personnes. La cour connait leur identité et nous soutenons pleinement le fait qu’ils devaient être remis à la cour".

Des propos confirmés par Ahmed Tugod, un représentant du mouvement rebelle Justice et Égalité. Il précise que l'accord qui autorise leur transfert à la CPI n'entrera pas en vigueur tant qu'il n'y aura pas d'accord de paix global entre les parties belligérantes au Soudan. Un dénouement qu’il anticipe au cours des prochaines semaines.

Les accusations retenues contre Béchir

Le premier mandat d’arrêt contre Béchir avait été émis en 2009. Cinq chefs d'accusation sont retenus contre lui : crimes contre l'humanité (pour meurtre, extermination, torture et viol entre autres exactions), crimes de guerre (pour pillage et attaques contre des populations civiles) et trois chefs d'accusation de génocide à l’encontre des ethnies Four, Masalit et Zaghawa.

Arrivé au pouvoir par coup d'état en 1989, Béchir a lui-même été destitué lors d'un putsch militaire en avril 2019 après plusieurs mois de manifestations à travers le pays.

Avec VOA Afrique