La jeunesse tchadienne organise le premier débat citoyen !

 Une vue de la capitale tchadienne N'Djamena (image d'illustration). Xaume Olleros/Bloomberg via Getty Images

Pour la première fois au Tchad, les jeunes du Tchad réunis sous la plateforme Citoyens Sans Frontières, ont organisé ce vendredi 01 novembre 2019, un débat citoyen face aux membres du gouvernement et aux forces de l’ordre qui a réuni plus de 800 personnes.

Du 26 octobre au 02 novembre 2019 s’est tenue au Tchad, la 2ème édition de la Semaine de la Citoyenneté. Un événement national qui veille à sensibiliser l’ensemble de la population et les pouvoirs publics à adopter des comportements responsables et citoyens envers les problématiques sociales. Le point d’orgue de cette semaine était l’organisation du « Premier débat démocratique ». Une rencontre inédite entre des jeunes, des membres de la société civile et des associations face aux représentants du gouvernement et des forces de l’ordre.

 

Plus de 800 personnes étaient présentes dans les salons de l’hôtel Radisson Blu N’Djaména, pour assister à cet évènement qui s’est déroulé dans une atmosphère conviviale, où tous les acteurs se sont attelés à faire preuve de pédagogie sur les problématiques qui sont inhérentes à leur activité ou leur quotidien. L’intégralité de cette rencontre a été diffusée sur l’une des antennes de la télévision tchadienne (Télé Tchad), le dimanche 3 novembre 2019 en début de soirée. 

 

Trois thèmes phares : citoyenneté, changement climatique et sécurité routière

 

« Le Débat citoyen » s’est déroulé en 3 parties, chacune d’une durée de 30 minutes et organisé autour d’un échange opposant un responsable de l’autorité publique face à des citoyens, sous les observations du Ministre d'Etat, Conseiller à la Présidence, Monsieur Kassiré Koumakoye.

 

Ainsi, la première partie sur le thème de la citoyenneté, a vu débattre Mr Zenal-Abdine Ibrahim Cherif, Secrétaire Général de la Mairie de N’Djaména et Madame Fihil agoi, Présidente d’association Union des femmes, accompagnée de Monsieur Hamid Youssouf, étudiant de HEC Tchad, âgé de 22 ans. Deux faits sociaux étaient au centre de la discussion :

le manque de civisme dans la capitale. Cela se traduit par l’occupation anarchique des espaces publics, la transformation de ces lieux en décharge ou encore de retranchement pour des activités illicites ; la mauvaise redistribution/utilisation des taxes communales, qui selon les citoyens de la ville, n’est pas allouée ou peu, à l’amélioration des conditions de vie des populations. 

 

Le second débat, dédié à la thématique de l’environnement, comprenait comme panélistes Monsieur Haroun Abdou Mahamat, Directeur de l'Assainissement au ministère de l'Environnement et deux personnes de la société civile, militant sur les questions du changement climatique. La ceinture verte et la lutte contre la désertification étaient au centre des échanges. De même que la problématique du “Made in Tchad” qui se traduit par le manque de production et donc de consommation de produits locaux.

 

Le dernier débat était consacré à la sécurité routière en présence de Monsieur Sirandi Ongtoin, Conseiller du DG de la Police Nationale et Monsieur Abderhamane Béchir, Président de l’association des motos-taxi du Tchad. Une rencontre-évènement qui a regroupé pour la première fois deux acteurs majeurs du transport qui connaissaient, durant toute l’année des conflits dans la pratique de leurs activités respectives. Aucun élément crucial n’a été laissé en marge des échanges et les difficultés suivantes étaient également à l’ordre du jour : la corruption ; le contrôle abusif effectué par les forces de sécurité ; l’insécurité la nuit, due à l’absence de la police dans certaines zones.

 

Le collectif Citoyen Sans Frontière se félicite du succès de ce premier événement démocratique, qui a permis de réunir les décideurs politiques et les membres de la société civile, autour d’une cause commune, améliorer les conditions de vie de la population Tchadienne.

 

« Nous sommes fiers de l’engouement qu’a suscité ces rencontres. Une initiative qui émane des associations et des jeunes, qui veulent être écoutés et compris des autorités. C’est une grande victoire pour nous car les autorités ont répondu à notre demande et ont su se mettre autour de la table avec nous pour échanger librement sur les attentes de la jeunesse du Tchad » ajoute Naïr Abakar, coordinateur du collectif Citoyen Sans Frontière.

 

 

Roseline BAYILI