La CEDEAO maintient IBK et préconise de nouvelles législatives et un gouvernement d'union nationale

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita ©DR

Les dirigeants des 15 pays membres de la CEDEAO ont conclu lundi un sommet extraordinaire avec des recommandations visant à mettre fin à la crise qui perdure au Mali.

Selon le communiqué officiel lu par le président nigérien Issoufou Mahamadou à l'issue du sommet, la CEDEAO a refusé de demander la démission du président Ibrahim Boubacar Keita, confronté à une fronde socio-politique aiguë.

En revanche, les présidents ont exigé la "démission immédiate des 31 députés dont l'élection est contestée y compris le Président du Parlement", une refonte rapide et totale de la cour constitutionnelle, et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale où le pouvoir est partagé entre le président IBK, l'opposition et la société civile.

En outre, la CEDEAO a demandé une enquête formelle sur les morts qui ont eu lieu pendant les émeutes qui ont éclaté à Bamako, la capitale du Mali, il y a environ trois mois.

"Nous avons également réitéré notre solidarité avec l'Honorable Soumaila CISSE, Chef de file de l'opposition enlevé depuis le 25 mars 2020. Nous demandons aux Autorités Maliennes d'intensifier leurs efforts déjà en cours, en vue de sa libération", peut-on lire dans le communiqué, en référence à l'ancien Premier ministre qui avait été kidnappé pendant qu'il battait campagne.

Selon le communiqué, ces recommandations doivent être respectées d'ici vendredi prochain, sous peine de sanctions.

"Notre souhait c'est de voir ces différentes propositions rencontrer l'agrément des différentes parties prenantes de la situation au Mali", souligne le communiqué.

La recommandation de la CEDEAO est une victoire pour le président IBK, 75 ans, élu pour la première fois en 2013 et réélu en 2018. Les opposants réunis au sein de la coalition M5-RFP avaient demandé sa démission, affirmant qu'il était devenu inapte à diriger la nation ouest-africaine confrontée à l'insécurité, la corruption et la pauvreté.

Dimanche, Niankoro Yeah Samaké, un ancien candidat à la présidence qui est désormais dans le M5, avait déclaré à Peter Clottey du service anglophone de la VOA que "le président est fortement contesté car il a laissé tomber son peuple", par conséquent, a-t-il ajouté, "nous demandons qu'il se retire".

Avec VOA