Enquête exclusive- Côte d'Ivoire : Derrière le succès des Garba Haoussa d'Abidjan, ils se lavent les mains avec de l'urine

Vendeurs de garba à Abidjan / Côte d'Ivoire.

Côte d'Ivoire - À Abidjan aucune journée ne passe sans le fameux Attiéké,poisson thon plus connu sous l'appellation de Garba. Une saveur typiquement ivoirienne faite à base de semoule de manioc accompagné de poisson thon. Si la légende dit que l'origine de se met Ivoirien se confond avec l'aventure des Haoussas du Niger en Côte d'Ivoire d'où son inventeur serait un nommé Garba; en tout cas rien ne dévoile la face cachée de ces restaurants informels très prisés par les Abidjanais. Bienvenue dans l'antichambre des garbadromes d'Abidjan.

D'Abobo à Port-Bouet en passant par Marcory, Yopougon, Cocody et même le quartier des affaires du Plateau, le Garba rencontre un franc succès qui va au-delà de la capitale économique ivoirienne. Le Garba est aujourd'hui national voir une identité culinaire des Ivoiriens au même titre que l'aloco et le Kedjenou. L'avis populaire confirme que le Garba est un bon soubassement qui peut vous faire tenir toute une journée quand vous avez fini de l'avaler le matin. Ce n'est pas Fofana Inza qui dira le contraire. Cet ouvrier de chantier jure la main sur le cœur que grâce au Garba il arrive à tenir au travail. Du fait de son coût très abordable il en prend pratiquement chaque jour.

Le gaba vendu généralement sous des hangars de fortune au bord des voies dans des conditions d'hygiène qui laisse à désirer à plusieurs appelation à Abidjan et les connaisseurs s'y retrouvent, Attieké-poisson, "zéguen", "béton", "zéh". Mais derrière toutes ces appellations et le succès du Garba un aspect peu connu et moins reluisant. C'est celui du fétichisme pratiqué derrière ces hangars de fortunes par les vendeurs, majoritairement d'origine Haoussa du Niger pour attirer leur clientèle.

Plusieurs choses se le disent, mais, moins de preuves pour attester de cette pratique occulte. Dans le cadre de notre enquête nous avons posé la question à certains vendeurs de Garba pour savoir s'ils avaient recours à des fétiches pour attirer plus de monde dans leur Garbadrome.

Beaucoup ont refusé de parler et certains niant catégoriquement ces accusations de pratiquer du fétichisme dans leur activité. Abib aujourd'hui vendeur à Yopougon Sideci dans le sous-quartier de Gbinta reconnaît qu'à ses débuts quand il était employé dans le Garbadrome d'un de ses compatriotes Nigériens, à Cocody en face de l'école de gendarmerie celui-ci avait une poudre blanche qu'il mettait sur le premier panier d'Attiéké et dans l'huile de la première cuisson du matin.

"Chaque matin il faisait en ce moment moi j'étais apprenti, je soufflais le feu et lavais les assiettes (faire la plonge) avec d'autres frères Haouaasa. Quand j'ai commencé ici en tout un compatriote m'a confié à un marabout au pays qui a fait un travail pour moi et j'ai enterré ici "contre les mauvais esprits".

Le plus édifiant est le témoignage d'Any G. étudiante aujourd'hui qui dit avoir vu à plusieurs reprises le vendeur de Garba de son quartier, à Yopougon Toit rouge près de la poste se pisser sur les mains pour ensuite venir vendre.

" Le Garbadrome était juste derrière notre maison, entre la baraque et notre maison le Garbatigui se mettait et de ma fenêtre je le voyais pisser juste un peu sur une main et frottaient les deux mains ensuite; la première fois j'ai été choqué et j'ai en parler avec ma mère. Elle a douté mais m'a demandé de crier le jour je le reverrais entrain de faire cela. Un matin effectivement quand je l'ai vu derrière notre maison j'ai même pas attendu qu'il commence j'ai immédiatement crié "hé tu fais quoi là, je vais dire à tout le quartier". Il a aussitôt disparu de là mais est allé trouver ma mère pour lui dire de me dire de le respecter car j ne sait pas d'où il vient et que si je l'accusais à tort je verrais" Ma mère a eu peur et m'a demandé de la boucler de peur qu'il me jette un sort.

Chose bizarre à tous ceux que je racontais personne ne me croyait. D'autres ironisaient même pour dire que c'est ce qui fait le goût et tant que le "goût du pipi est bon ils vont continuer de manger son Garba.

Fulbert Koffi

Oeil d'Afrique Côte d'Ivoire