Des prisonniers prennent le contrôle d'une prison de Juba

Dans la prison de Juba, au Soudan du Sud, en 2013.

Des prisonniers ont pris dans la nuit de samedi à dimanche le contrôle d'une partie de la prison située dans le quartier général du redouté Service sud-soudanais de sécurité nationale (NSS), dans la capitale, Juba, après avoir désarmé des gardes, a annoncé le NSS.

Vers 1 heure dimanche (22 heures GMT samedi), un officier du NSS, en détention administrative dans l'attente d'une comparution en cour martiale, le capitaine Keribino Wol, "a pris le dessus sur un garde à l'entrée de la prison et l'a désarmé", a indiqué le NSS dans un communiqué.

Selon le NSS, le capitaine Keribino a "mobilisé des criminels qui étaient en détention et avec 15 d'entre eux a pris le contrôle d'une partie des cellules de la prison où il retient d'autres prisonniers comme boucliers humains pour se protéger de nos forces".

Les détenus ont pris possession de 32 armes à feu et de couteaux, a précisé le NSS, qui dit chercher à "les désarmer pacifiquement pour la sécurité des autres prisonniers".

Ce soulèvement a eu lieu au centre de détention connu sous le nom de Blue House (La maison bleue), au quartier général du NSS où, selon les organisations de défense des droits de l'Homme, le maintien illégal en détention, le recours à la torture et les morts sont monnaie courante.

Deux ans et demi à peine après son indépendance, le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013. Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique, a fait des dizaines de milliers de morts et poussé des millions de Sud-soudanais à fuir leur foyer.

Le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar ont signé le 12 septembre à Addis Abeba un nouvel accord de paix pour tenter de mettre un terme à cette guerre.

Cet accord prévoit notamment que M. Machar redevienne vice-président. Mais de nombreux observateurs restent sceptiques, estimant qu'il sera difficile de faire collaborer les deux hommes.

Avec AFP