Décision de l'Union Africaine : La RDC face a l’affirmation de sa souveraineté

Cour constitutionnelle de la RDC

Dans sa communication de ce jeudi 17 janvier, l'Union Africaine a fait pars  de ses « doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires » de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo. Elle demande la suspension de la proclamation des résultats définitifs attendus pour ce vendredi.

Pourtant, après la réunion des membres du Conseil de sécurité pour la deuxième fois consécutive à la demande de la France le 16 janvier dernier, les pays membres avaient noté que des différends avaient été portés devant la Cour constitutionnelle. Ils ont encouragé toutes les parties prenantes concernées à « préserver le climat généralement pacifique des élections et à faire valoir leurs réserves ou leurs différends par le biais des mécanismes et processus appropriés prévus dans la constitution de la RDC et dans sa loi électorale », dit le Conseil de sécurité, réaffirmant le « respect de la souveraineté de la RDC ». 

Les pays de la SADC et la CIRGL embrigadés par deux usurpateurs loin d’être des modèles à savoir Sassou Nguesso et Alpha Conde respectivement président du Congo et de la Guinée ont tenté d’embarquer le président de l’Union Africaine Paul Kagame à exiger le recomptage des voix en RDC. Prudent Paul Kagame à voulu mettre un terme à la cacophonie qui régnait au tour de la situation poste-électorale en RDC.

C’est dans cette optique qu’il convoquera un sommet consultatif de haut niveau réunissant 17 chefs d'Etat. Il sied de souligne que la réunion consultative de haut niveau n’est pas un organe décisif et exécutif de l’union Africaine. Elle ne peut prendre aucune résolution comme dans le cas du conseil de paix et de sécurité ou dans le cas de la conférence des chefs d’Etat qui demeure l’instance suprême et décisionnelle de l’Union Africaine.

Les chefs d’Etat réuni à Addis-Abeba ont terminé leur réunion à 22h. Au moment où les ministres en charge de la rédaction du communiqué qui selon nos sources devrait être rendu public dans la matinée du 18 janvier que plusieurs médias ont déjà annoncé comme si cela était une décision coercitive qui exige à la RDC de se soumettre.

Cette conférence a décidé d'envoyer à Kinshasa une délégation de chefs d'Etat et de gourvernement avec à sa tête le président rwandais Paul Kagame dont le mandat à la tête de l'UAarrivera à son terme à la fin du mois de janvier.

Cette attitude des chefs d’Etat réunis à Addis-Abeba n’est ni moins une forme d’ingérence dans les affaires intérieures de la RDC; car des pays comme le Congo, le Gabon et le Cameroun qui ont connu des processus douteux tout comme la Guinée en 2010 et 2015, on a jamais vu des chefs d’Etat se préoccuper des situations chaotiques de ces pays.

Il n’en demeure pas moins que la RDC est un pays souverain et n’est pas tenu de plier à une telle injonction. La constitution de la RDC est claire, elle a prévu des dispositions pour le traitement du contentieux. Aller au-delà serait ouvrir la voie à une situation inconfortable de l’équilibre des institutions, car les institutions actuelles sont fort clos depuis plus deux ans.

En attendant le communiqué officiel qui a sanctionné la réunion d’hier soir,nous verrons comment les autorités de la RDC qui tiennent encore les manettes du pays vont réagir. Qu’à cela ne tienne la souveraineté de la RDC est en jeu.

Berja Bona