Coronavirus : Algérie, Maroc... Le Maghreb prolonge le confinement

Les forces de sécurité se tiennent à un poste de contrôle pour appliquer un couvre-feu visant à empêcher la propagation du Covid-19 à Alger en Algérie, le 8 avril 2020. (Photo AP / Toufik Doudou)

En Algérie, au Maroc et en Tunisie, le confinement est prolongé pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19.

Confinement en Algérie jusqu'au 29 avril

Les autorités algériennes ont annoncé la prolongation des mesures de confinement mises en place pour freiner la propagation de la pandémie de Covid-19, jusqu'au 29 avril.

A Alger, le Premier Ministre Abdelaziz Djerad a "reconduit pour une période supplémentaire de dix jours, jusqu'au 29 avril, le dispositif de confinement ainsi que l'ensemble des mesures préventives", selon un communiqué officiel.

Il a souligné "la nécessité de respecter les règles préventives édictées en matière de confinement, de distanciation sociale et de mesures d'hygiène (...)" et mis en garde contre leur non-respect.

Un confinement total a été imposé dans la wilaya (préfecture) de Blida, près d'Alger, premier foyer de la pandémie en Algérie. Un confinement partiel, accompagné d'un couvre-feu, l'a été dans les 47 autres wilayas du pays.

Selon des chiffres officiels, 367 décès ont été recensés jusque-là en Algérie. Au total 2.534 cas ont été officiellement déclarés.

L'Algérie (44 millions d'habitants) est le pays d'Afrique qui déplore le plus grand nombre de décès devant l'Egypte, le Maroc et l'Afrique du Sud.

Confinement au Maroc jusqu'au 20 mai

A Rabat, les autorités ont annoncé la prolongation jusqu'au 20 mai de "toutes les mesures de précaution et de restriction (...) de l'état d'urgence sanitaire".

Selon un communiqué des ministères de l'Intérieur et de la Santé, "les services compétents continueront de garantir une offre suffisante répondant aux besoins de consommation (...), y compris les besoins du ramadan", le mois de jeûne musulman prévu à partir du 24 avril au Maroc.

Au Maroc, 2.670 cas de contamination ont été enregistrés officiellement, dont 137 décès. Mais à peine 13.000 tests ont été menés dans ce pays de 35 millions d'habitants.

Les autorités ont imposé des mesures de confinement, sous contrôle étroit des forces de l'ordre, après avoir suspendu les liaisons aériennes et verrouillé les frontières.

Le port du masque est obligatoire, sous peine de sanctions.

Des aides directes ont été mises en place pour les entreprises, salariés et travailleurs au noir affectés.

Selon la presse locale, des foyers de contagion ont été repérés dans une usine à Casablanca (ouest) et une base militaire près de Marrakech (sud).

Depuis l'apparition de la pandémie, plus de 41.000 personnes ont été interpellées et plus de la moitié déférées devant les parquets compétents pour non-respect des mesures d'exception, selon un bilan officiel.

Confinement au-delà du 3 mai en Tunisie

Le chef du gouvernement tunisien, Elyes Fakhfakh, a annoncé dimanche soir que le confinement en place depuis le 22 mars serait prolongé jusqu'au 3 mai puis progressivement allégé, la situation étant "presque maîtrisée".

Le confinement très strict qui a été imposé, avec un couvre-feu nocturne de 18H00 à 06H00 et de fortes restrictions des déplacements, autorisés seulement pour les cas d'extrême nécessité et quelques secteurs vitaux, a mis à l'arrêt la vie économique du pays depuis un mois.

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un prêt d'urgence de 745 millions de dollars à la Tunisie, prédisant sa pire récession depuis son indépendance en 1956.

"La situation sera difficile" a prévenu M. Fakhfakh: "Il y a deux millions de Tunisiens qui ont besoin d'aide", sur environ 12 millions d'habitants.

Après une première série d'aides, un nouveau versement de 200 dinars (70 euros) sera destiné aux foyers démunis, a-t-il indiqué.

 

AFP