Congo Brazza: La Société Nationale des Pétroles Congolais et les prêts contractés pour le compte de l'Etat

 Siège de la direction technique de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC)

C'est dans un document rendu publique ce jeudi 14 décembre que la SNPC revient sur  l’endettement du Congo portant sur les prêts garantis par le pétrole. La société nationale souhaite apporter un éclairage sur la nature desdits prêts et les motivations qui l'ont conduit à les contracter pour le compte de l’Etat.

Souhaitant répondre à la vision du Président Denis Sassou Nguesso sur les programmes de développement des infrastructures, le gouvernement du Congo pouvait grâce aux prix élevés du pétrole emprunter davantage pour accélérer ses programmes de développement infrastructurel notamment via l’émission des bons du Trésor, le marché obligataire ou le financement adossé à des matières premières. La dette ainsi contractée devait être remboursée aisément sur une période de 3 à 5 ans. Mais la forte volatilité des prix du pétrole constitue un élément de risque important qui peut affecter significativement la structure et le plan de remboursement de la transaction. 

Pour la société nationale des pétroles congolais, "Il est fondamentalement important de préciser que les financements contractés par la SNPC pour le compte de l’Etat ont toujours été exécutés à la demande du Président de la République et du gouvernement, afin de fournir des liquidités immédiates nécessaires à la mise en œuvre de plans de développement infrastructurel."

Puis de préciser l'implication direct du ministre des Finances de l'époque. Des "Lettres de Confort" précisant l’objet et les montants requis pour lesdits préfinancements ont été signées par le Ministre des Finances Gilbert Ondongo, condition suspensive à l’exécution des contrats et à la mise à disposition des fonds, conformément à la pratique internationale.

La totalité des fonds levés, à la demande et pour le compte de l’Etat, a été transférée dans le compte du Trésor à la Banque centrale et utilisée sous la coordination et l’ordonnancement du Ministre des Finances Gilbert Ondongo. 

Taux d'intérêt 

"Les coûts de financement de ces prêts contractés par la SNPC, compris entre 4 et 8% par an, sont parfaitement compétitifs et relativement moins élevés et plus flexibles que le marché obligataire qui se situerait entre 10 et 12% selon notre notation de crédit." affirme la direction de la société nationale.

Le Congo, en raison de sa faible notation de crédit par les différentes agences de notation telles que Fitch, Standard and Poors, Moody's, a selon la direction de la SNPC, a eu des difficultés à obtenir des financements sur le marché international avec des taux compétitifs. D’autres pays ayant des notations de crédit encore meilleures que le Congo Brazza ont à peine réussi à lever des financements à des taux d'intérêt d'environ 11% par an. 

Avec la chute du prix du pétrole, les revenus pétroliers ont chuté de plus de 60% et la capacité à rembourser la dette a également diminué de façon significative alors que les obligations de remboursement de la dette sont restées les mêmes.

Cela a créé par conséquent une situation financière encore plus tendue et contraignante pour le Congo étant donné que, conformément aux termes des différents contrats de prêts, le produit de la vente du pétrole devait être affecté au service de la dette.

Pour la société nationale des pétroles congolais il est "inconcevable et inapproprié d’attribuer la responsabilité de la crise économique que traverse le pays aux préfinancements contractés par la SNPC, il faut le rappeler, à la demande et pour le compte du Gouvernement."