Cameroun: au moins trois blessés dans une manifestation de l'opposition

C'est à Douala, la capitale économique du pays (ici une banlieue de la ville en 2008) qu'ont eu lieu les heurts les plus violents samedi 26 janvier. Fanny Pigeaud, AFP

u moins trois personnes ont été blessées samedi au Cameroun dans une manifestation non autorisée du parti politique de Maurice Kamto, l'ex-candidat à l'élection présidentielle d'octobre qui revendique toujours la victoire, selon le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

"Plusieurs personnes ont été blessées par balle à Douala", la capitale économique camerounaise, a affirmé à l'AFP Paul-Eric Kingue, cadre du MRC et ancien directeur de campagne de Maurice Kamto, par téléphone.

Des photos d'au moins trois personnes blessées, dont un conseiller municipal cadre du MRC à Douala et une avocate renommée du parti, Me Michèle Ndoki, circulaient samedi matin sur les réseaux sociaux.

Un autre cadre du parti a confirmé que ces trois personnes avaient été blessées samedi matin.

Il n'était pas possible samedi midi de déterminer si leurs blessures étaient dues à des tirs de balles réelles ou non. Elles ont toutes trois été transportées à l'hôpital de Douala, selon des sources concordantes.

En début d'après-midi, M. Kingue a écrit à l'AFP avoir été "interpellé". "J'étais dans mon véhicule dans le quartier Bastos (de Yaoundé), une vingtaine de policiers sont venus me sortir de mon véhicule", a-t-il écrit.

A Yaoundé, une centaine de militants du MRC, selon la presse locale, ont manifesté devant les locaux de la Poste. Des gaz lacrymogènes ont été tirés, ont déclaré plusieurs militants à l'AFP.

Le porte-parole de M. Kamto, Etienne Bibou-Nissack, a été "gazé et est hospitalisé", a indiqué un proche.

Contactées par l'AFP, les autorités n'avaient pas donné suite samedi midi.

Le MRC de Maurice Kamto, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle du 7 octobre, avait appelé à manifester samedi contre ce qu'il considère comme un "hold-up électoral".

"Je suis alarmé par la facilité avec laquelle ceux qui nous protègent retournent leurs armes contre les citoyens. Pour le gouvernement, les vies n'ont aucune valeur. Triste", a posté sur Twitter l'ancien candidat à la présidentielle du 7 octobre et célèbre avocat Akere Muna.

L'opposant Maurice Kamto, arrivé deuxième avec 14,23% des voix derrière Paul Biya à la présidentielle, ne reconnaît pas le résultat officiel des urnes validé par le Conseil constitutionnel.

Paul Biya, 85 ans dont 36 au pouvoir, avait été réélu avec 71,2% des voix pour un septième mandat consécutif.

Avec AFP