Côte d'Ivoire : Guillaume Soro se met en congé de la présidence de l'Assemblée nationale

Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro ©DR

Guillaume Soro s'est mis vendredi en congé de la présidence de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire jusqu'au 20 février, déléguant ses pouvoirs au vice-président, selon un document diffusé à la presse.

M. Soro "donne l'ordre" au vice-président de l'Assemblée Privat Oulla "d'assurer la présidence des réunions du bureau et la direction des services", "de ce jour jusqu'au 20 février", en raison de son "absence", selon le document, une "délégation de pouvoirs" datée de ce vendredi.

Le motif exact de cette "absence" n'est pas précisé.

Un proche de M. Soro avait rapporté plus tôt dans la journée à l'AFP qu'il envisageait de démissionner du perchoir. "Il l'envisage très fortement. Ca va se faire", il va quitter son poste "pour ne pas provoquer une crise institutionnelle", avait expliqué cette source sous couvert d'anonymat, précisant que les modalités de cette démission n'étaient pas encore arrêtées.

Guillaume Soro "n'est pas membre du RHDP", le nouveau parti présidentiel qui tient son premier congrès vendredi et samedi, avait précisé ce proche. M. Soro "n'ira pas au congrès", avait-il ajouté.

M. Soro était vice-président du Rassemblement des républicains (RDR), le parti au pouvoir, qui se transforme en Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), en fusionnant avec d'autres partis.

"Après le 26 janvier (la fin du congrès), tu es député, tu es président d'institution, tu n'es pas RHDP, tu libères le tabouret !" avait lancé début janvier lors d'un meeting l'un des hommes forts du nouveau parti présidentiel, Adama Bictogo, visant sans le nommer M. Soro.

Agé de 46 ans, Guillaume Soro préside l'Assemblée nationale depuis 2013. Il avait été auparavant le premier chef du gouvernement du président Alassane Ouattara, après son arrivée au pouvoir en 2011.

De 2002 à 2011, il a été le chef de la rébellion qui a contrôlé la moitié nord de la Côte d'Ivoire, pendant la présidence de Laurent Gbagbo. Cette rébellion avait soutenu militairement Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo lors de la crise post-électorale meurtrière de 2010-11, où les deux hommes revendiquaient la victoire à l'élection présidentielle.

M. Soro, à qui l'on prête des ambitions présidentielles, est réputé en froid avec le chef de l'Etat. Très discret sur le plan médiatique depuis plusieurs mois, voyageant beaucoup à l'étranger, il est jusqu'à présent resté muet sur ses intentions pour la prochaine présidentielle de 2020.

Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principale formation d'opposition, a évoqué récemment une possible alliance avec Guillaume Soro pour la présidentielle.

Avec AFP