Au Sahel, la traque des djihadistes continue malgré le coronavirus

UN patrouille de l'armée française au Mali.

Les forces françaises et les Casques bleus au Mali ont recensé leurs premiers cas de contamination. Pour autant, les opérations se poursuivent.

Les opérations militaires au Sahel continuent alors que l’état-major des armées vient d’annoncer les premiers cas de contamination au Covid-19.

 L’opération Barkhane (de lutte contre les groupes djihadistes au Sahel) a connu ses quatre premiers cas d’infection par le coronavirus. L’annonce, faite jeudi 2 avril par l’état-major des armées à Paris, était redoutée depuis le début de la pandémie en Europe.

Des mesures préventives pour protéger les personnels

Mais la pandémie "ne remet pas en cause l’engagement de la force" Barkhane dans la conduite de ses opérations , précise le communiqué de l’état-major avant d’ajouter que l’ensemble des personnels des relèves sont placés en quatorzaine en France avant leur arrivée sur le théâtre sahélien.

Pour se prémunir de tout danger, les différentes forces présentes au Mali ont mis en place des mesures préventives pour protéger leurs personnels. Alors que le bilan était de 41 cas détectés dans le pays samedi 4 avril, la première contamination au sein de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) était découverte le même jour.

"Depuis notre premier cas détecté, tous les vols de la Minusma sont suspendus pour deux semaines, sauf exceptions médicales ou humanitaires," informe Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma. "Sur le terrain, notre travail de protection des civils et assistance aux populations continue et a été adapté avec la mise en place de mesures barrières.

Les opérations se poursuivent

Coronavirus ou non, les opérations militaires ne faiblissent pas. Conduite avec les forces maliennes et nigériennes, la récente opération Monclar s’est étendue sur trois semaines dans la zone des trois frontières, où évolue l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Elle a permis de neutraliser un grand nombre de terroristes et la prise de nombreuses ressources matérielles.

Le 29 mars, l’armée française a également effectué une opération aéroportée après la découverte d’un campement terroriste dans la même zone, mettant hors de combat plusieurs combattants terroristes.

Pour Ibrahim Maïga, chercheur au sein de l’Institut de recherche et de sécurité (ISS) à Bamako, "il se pourrait qu’il y ait également une réaction des groupes extrémistes violents si de nouveaux foyers de contamination apparaissent." Et le chercheur d’évoquer différents messages de l’État islamique qui a conseillé à ses soldats de ne pas se rendre dans les zones infectées.