Affaire Jean-Marie Michel Mokoko : Paris «attend des actes» du président Sassou

Emmanuel Macron avec Denis Sassou Nguesso et Jean-Yves Le Drian, durant leur rencontre du sommet de l’OIF à Erevan, le 12 octobre 2018. © DR

La France «attend des actes» du président congolais Denis Sassou Nguesso envers son opposant Jean-Marie Michel Mokoko, incarcéré depuis mi-2016 et condamné à 20 ans de prison, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

«Je lui ai parlé de Jean-Marie Michel Mokoko et d'autres personnes en lui disant qu'on attendait de sa part des actes", a déclaré Jean-Yves Le Drian devant l'Association de la presse diplomatique, à l'issue d'une rencontre à Paris avec le président congolais de 76 ans, dont 35 à la tête de l'Etat. «Je le lui ai dit avec fermeté et je pense que le président de la République lui dira la même chose», a ajouté le chef de la diplomatie française.

Denis Sassou Nguesso a eu dans la foulée son premier entretien bilatéral avec son homologue français Emmanuel Macron, lors d'un déjeuner de travail portant notamment sur les questions d'environnement. La dernière visite à l'Elysée du président Denis Sassou Nguesso remonte à mai 2018, comme représentant de l'Union africaine (UA) pour la Libye à une réunion internationale sur la crise libyenne.

Au pouvoir depuis 1979 au Congo - à l'exception d'une parenthèse de cinq années qu'il a refermée par un coup d'Etat -, Denis Sassou Nguesso, a été réélu en 2016 lors d'un scrutin dénoncé par l'opposition. Cette dernière a réclamé samedi à Brazzaville la libération de deux anciens candidats à la présidentielle de 2016, Jean-Marie Michel Mokoko (72 ans) et André Okombi Salissa (58 ans), avant la tenue du prochain scrutin présidentiel de 2021. Les deux opposants, qui contestaient la légitimité de la réélection de Denis Sassou Nguesso, ont été respectivement jugés en 2018 et 2019 et condamnés à 20 ans de travaux forcés chacun pour «atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat» et «détention illégale d'armes et munitions de guerre».

AFP