Nigérian : Plus de 22 millions de Nigérians sont au chômage

Un employé de l’opérateur téléphonique MTN enregistre la carte SIM d’un client, en mars 2016, à Lagos au Nigeria. PHOTO PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Au Nigeria, première économie et pays le plus peuplé du continent, plusieurs entreprises ont du mal à faire face aux conséquences de la pandémie du covid-19. Le bureau national des statistiques a publié son dernier rapport disant que 27% de la population active est au chômage.

Maurine Ansa Effiong, 35 ans, est enseignante mais vient de perdre son emploi dans une école privée où elle enseignait depuis cinq ans. Et elle a perdu son travail avec dix autres collègues.

"J’ai été obligée d'arrêter le travail à cause du coronavirus. Je me débrouille présentement mais je ne sais comment faire avec tout ce qui se passe. Je ne fais rien en ce moment en attendant de trouver un autre travail"témoigne Maurine Ansa Effiong​.

Plus de 22 millions de Nigérians sont au chômage d’après le Bureau national des statistiques. Beaucoup d'entreprises ont du mal à faire face aux effets dévastateurs de la pandémie du covid-19. Les médias ne sont pas épargnés, c’est le cas du journal le Daily Trust, l’un des fleurons de la presse au Nigeria.

"Nous avons aussi réduit le nombre de journaux produits à chaque publication et nos revenus publicitaires sont en baisse"selon Nazirou Mikailu, rédacteur en chef​ du quotidien.

A l'inverse, Kayode Johnson, propriétaire d’un centre d’informatique, explique qu'il fait partie de ceux qui profitent d’un impact positif, avec une augmentation de la demande. "Beaucoup de nos clients veulent maintenir leur présence en ligne ou avoir un site et on nous demande aussi de gérer les vidéos conférences et des réunions"souligne-t-il.

Ceux qui ont encore du travail aussi se plaignent des maigres salaires pour résoudre les besoins de famille après une réduction de la paie dans certaines institutions.

Le gouvernement a décidé de supprimer les subventions sur le carburant, créant une augmentation de 15% du prix de l’essence à la pompe.

"L’augmentation du prix de l'essence nous affecte sérieusement"lance Adams Nyiomah, conducteur de taxi. "Si avant on transportait les passagers entre Gwarimpa et Life camp à 100 Nairas, maintenant si nous décidons d’ajouter sur le prix du transport, nos passagers se plaignent qu’ils n’ont pas augmenté leurs salaires".

Lorsque le prix de l’essence augmente, le coût du transport grimpe en conséquence, rendant plus difficiles les déplacements pour un bon nombre de Nigérians.

Soukonma, ingénieure dans une entreprise de construction à Abuja, raconte que "je ne peux pas me rendre dans tous mes sites avec la hausse des frais de transport. Avant par jour je dépensais au moins 1.000 Nairas pour visiter mes sites, mais aujourd'hui il me faut 2.500 Nairas". Le prix de l’électricité a été également revu à la hausse de 50%.

Dans le pays le plus peuplé du continent et premier producteur de pétrole en Afrique, près de la moitié des 200 millions d'habitants vivent dans une extrême pauvreté. La situation économique de ce pays, touché de plein fouet par la chute des prix du pétrole, pourrait encore se dégrader.

Avec VOA