Liban : ce que l'on sait des explosions survenues à Beyrouth

L'explosion serait le résultat d'un incident au port de Beyrouth

Au moins 50 personnes sont mortes et 2 750 ont été blessées dans les deux explosions survenues à Beyrouth (Liban), mardi 4 août, selon un nouveau bilan annoncé un peu avant 22 heures par le ministre de la Santé libanais, Hamad Hassan. Les fortes déflagrations, qui ont eu lieu dans la zone du port et dont l'origine n'était pas connue dans l'immédiat, ont été entendues dans plusieurs secteurs de la ville. Le Premier ministre a d'ores et déjà annoncé un jour de deuil national mercredi.

Quels sont les dégâts ?

Les vitres de nombreux immeubles et magasins ont volé en éclats et d'épais nuages de fumée orange s'élèvent au dessus de la capitale. Presque toutes les vitrines des magasins des quartiers de Hamra, Badaro et Hazmieh ont volé en éclats tout comme les vitres des voitures. Des voitures ont été abandonnées dans les rues, avec leurs airbags gonflés, et les sirènes de la défense civile retentissaient dans toute la ville.Ahmad M. Yassine était dans sa voiture à Dayhe, dans la banlieue sud de Beyrouth, lorsque l’explosion a eu lieu. “Tout d’un coup, ma voiture a sauté des mètres en avant”, raconte-t-il à franceinfo, qui l'a contacté sur les réseaux sociaux. “Il a plu partout des débris de verre venant des maisons et des magasins aux alentours ! C’était horrible, beaucoup de personnes sont blessées et les magasins sont détruits”. Le souffle a été tel que des dégâts ont été constatés au domicile d'un habitant du quartier d'Hamra, à 6 kilomètres du portJe n’ai pas vu l’explosion, mais bien évidemment je l’ai sentie et entendue. Au début on aurait cru à un tremblement de terre. Puis l’explosion a cassé la porte de mon appartement. Pablo Percelsi, du Comité International de la Croix Rouge à Beyrouth

Quelle est la situation sur place ?

Le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a dévoilé de premières "estimations préliminaires" faisant état d'au moins 27 morts et 2 500 blessés. "C'est une catastrophe dans tous les sens du terme", a-t-il déploré, interrogé par plusieurs télévisions alors qu'il visitait un hôpital de la capitale. "Les hôpitaux de la capitale sont tous pleins de blessés", a-t-il souligné, appelant à transporter les autres blessés vers des établissements de la banlieue.Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laisent passer que la defense civile, les ambulances et les camions des pompiers. Journalistes ont été interdits d'accès, a constaté un correspondant de l'AFP. Aux abords du quartier du port, les destructions sont totales. La Croix-Rouge libanaise annonce avoir déjà dépêché plus de 30 équipes.

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang. Selon des correspondants de l'AFP, de nombreux habitants blessés marchent dans les rues vers des hôpitaux. Dans le quartier d'Achrafieh, des blessés se ruent vers l'Hôtel Dieu. Devant le centre médical Clémenceau, des dizaines de blessés dont des enfants, attendaient d'être admis.

Une journée de deuil national a été décrétée mercredi "pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth", a annoncé le Premier ministre Hassan Diab.

Quelle est l'origine du drame ?

Selon des informations préliminaires de médias locaux, l'explosion serait le résultat d'un incident au port de Beyrouth, mais pour le moment, les circonstances et détails sur les explosions restent encore inconnus. "Il semble qu'il y ait un entrepôt contenant des matières confisquées depuis des années, et il semblerait qu'il s'agissait de matières très explosives", a déclaré le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, interrogé sur place par des télévisions. "Les services concernés mènent l'enquête, ils diront quelle est la nature de l'incident."

Le président libanais, Michel Aoun, a convoqué mardi soir une "réunion urgente" du Conseil supérieur de la Défense, ont annoncé ses services. "Ce qui s'est passé aujourd'hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus", a déclaré le Premier ministre Hassan Diab, lors d'une allocution télévisée. "Les responsables de cette catastrophe devront payer le prix." Le Premier ministre a également appelé les "pays amis" à aider le Liban. 

Quelles réactions pour la communauté internationale ?

Des secours et des moyens français seront acheminés au Liban, a annoncé le président français, Emmanuel Macron. "J'exprime ma solidarité fraternelle avec les libanais après l'explosion qui a fait tant de victimes et de dégâts ce soir à Beyrouth", a-t-il ajouté sur Twitter. "La France se tient aux côtés du Liban. Toujours."

"Nos pensées et prières sont avec le grand et résilient peuple du Liban", a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. "Comme toujours, l'Iran est tout à fait disponible pour fournir de l'assistance par tous les moyens nécessaires", a-t-il dit, appelant le Liban à "rester fort". Israël a également proposé de l'aide humanitaire et médicale après les explosions survenues à Beyrouth, par la voix de son ministre de la Défense Benny Gantz.