Littérature - Cyriaque Kouba Nkouamoussou : « Mes héros sont souvent des personnages-victimes »

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Ingénieur agronome, Cyriaque Kouba Nkouamoussou s’adonne à l’écriture. Une passion qu’il essaie de transformer en vocation, aussi n’hésite-t-il pas à se jeter à l’eau, sans la crainte d’une hypothermie littéraire. Après Royan, l’enfance volée (Edilivre, 2019), il vient de publier un roman, ou plutôt un conte, Trahison et chantage (Le Lys Bleu Editions).

Vous venez de publier un conte dont le personnage principal est un éleveur. C’est en lien avec votre métier ?

Cyriaque Kouba Nkouamoussou : Evidemment l’agriculture et l’élevage sont des secteurs en difficulté en Afrique. Comme ce sont mes domaines de travail et qu’il me paraît plus qu’urgent de nous y consacrer, j’ai pris ma plume pour pondre ce texte. L’intention est donc à la fois ludique, didactique et incitative. 

Que ce soit dans votre précédent roman, Royan, l’enfance volée, ou dans votre dernier livre, vos héros sont des victimes de la société… 

CKN : Des victimes de la société, peut-être pas ! Mais de l’environnement, oui ! Si Royan est victime de l’indifférence et de la méchanceté de sa famille, Makaya l’est de son beau-frère. Quand le jeune paysan constate la disparition de dix de ses brebis, c’est vers son beau-frère qu’il porte ses soupçons. Et pour cause : il l’a toujours jalousé. Vous voyez donc que celui qui nous fait du mal ne vient pas de loin ! Il est plutôt là, proche de nous, en train de guetter le moment où il passera à l’acte. 

Malgré tout, vos personnages sont des lutteurs…

CKN : Quand on écrit, il y a un peu de soi. J’ai l’âme d’un lutteur et c’est, je crois, la caractéristique d’un héros, même victime. A chacun ses moyens pour parvenir à ses fins. 

Maintenant que vous êtes lancé, à quel moment paraîtra votre prochain livre ?

CKN : Pour tout vous dire, je ne le sais pas ! J’y travaille et je prends mon temps. Un livre ne s’écrit pas en un mois, à moins d’être bricoleur.

Quel regard portez-vous sur la littérature congolaise ?

CKN : Je pense que le Congo n’a jamais eu autant d’auteurs que durant ces trois dernières décennies. Et, croyez-moi, avec tous ces talents à foison, il n’est pas évident de se faire une place. D’où la nécessité d’être exigeant, rigoureux.

Propos recueillis par BB