Coronavirus et Afrique : chronique d’un boomerang annoncé

Au Kenya, une surveillance du coronavirus à tous ses points d'entrée. © SIMON MAINA / AFP

L’Afrique a jusqu’à présent été relativement épargnée par le COVID-19, avec environ 6 000 cas recensés et 200 décès au moment de la rédaction du présent communiqué. Malheureusement, le pire reste à̀ venir.

La semaine dernière, le virus a atteint deux pays en guerre : la Libye et le Mali. Certains pays (l’Algérie et l’Afrique du Sud), ont commencé́ à̀ prendre des mesures de confinement. D’autres (le Sénégal et la RDC), ont déclaré l’état d’urgence.

Cependant, la distanciation sociale est pratiquement impossible à mettre en œuvre dans les bidonvilles de même que le lavage des mains. Un nombre croissant des citadins ne pourra pas aller travailler. Des mesures supplémentaires seront nécessaires et il convient de tirer les leçons des épidémies passées, telles qu’Ebola. Les pays africains n’ont pas de temps à perdre et doivent procéder à des tests et un traçage systématiques, et isoler les personnes infectées.

Le nombre des infections augmentant, l’Europe ne peut perdre de vue les dommages que causera le coronavirus à l’économie africaine. Les gouvernements occidentaux vont intervenir pour soutenir leurs entreprises, mais peu de gouvernements africains disposent des ressources nécessaires pour la relance économique.

Tout mettre en oeuvre

Le bien-être d’un milliard de personnes dépendra de la manière dont les gouvernements trouveront le juste équilibre entre sauver des vies et limiter le préjudice économique. Le tourisme s’est effondré. Les rapatriements de fonds pourraient suivre la même tendance.

Luca JAHIER