Interview exclusive de Felix Tshisekedi sur France 24 et RFI, la presse congolaise ne mérite pas ça.

Felix Tshisekedi sur France 24.

Sept mois d'attente pour finalement aller chercher la parole présidentielle dans un média occidental et non national. Après tous ces mois de silence, le nouveau président congolais Felix Tshisekedi a surpris par son choix. Il a réservé sa première sortie médiatique à France 24 et à RFI. Et la presse nationale tant en ébullition depuis plusieurs années ? Elle devra attendre que France Média Monde ait vidée les questions d'actualité.

On ne pouvait croire que le changement consisterait à continuer à privilégier France 24 et RFI et rendre la presse nationale inexistante. Que dire de ces nombreux journalistes congolais qui ont accompagné ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et se voient ainsi remerciés ? Comment n’a-t-on pas pu pour la Première interview depuis l’arrivé de FT au pouvoir faire un plateau congolais ?

Ce n’est pas la RTNC, chaîne nationale et encore moins les chaînes privées qui ont été associées à l’événement. C’est encore une fois France 24 et RFI, membres de France Média Monde qui ont été choisis. Deux médias largement subventionnés par leur pays et aujourd’hui en quasi-monopole un peu partout en Afrique francophone.

Le constat reste le même, tant que nous ne ferons pas la promotion des nôtres, nous serons toujours considérés comme des sous-hommes par ceux que vous avez décidé d’en faire nos modèles. 

Mon propos n’est pas de refuser une interview à la presse occidentale mais bien de réserver ses premiers mots aux médias nationaux. A quoi bon accorder une interview aux nationaux en date des commémorations de l'obtention de l'indépendance si la veille, deux médias comme ceux de France Media Monde proposent au public l'exclusivité du message présidentiel ?

Ces médias congolais sont pour la plupart sont fondés, dirigés par des passionnés, appauvris par l’absence d’un écosystème qui leur permettrait d’être rentable. La seule chose qui leur reste est de continuer à se battre pour que la qualité de leur travail soit reconnue. Au lendemain des élections du 30 décembre 2018, nombreux avaient félicité la qualité de travail réalisé par ces nombreux passionnés de l'information. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Aujourd’hui tous les journalistes congolais ont reçu ce message : Le changement, c’est maintenant mais pas avec vous.

Roger Musandji