Côte d’Ivoire : Pourquoi Guillaume Soro n’a pas signé sa lettre de Démission ?

Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire

L’actualité Ivoirienne est dominée depuis peu par la démission ou non de Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale. Le président Ouattara lors de la cérémonie de présentation de vœux à la presse avait annoncé lui-même que Guillaume Soro devrait démissionner de la présidence de l’Assemblée nationale en février. Mais contre toute attente, ce dernier a refusé de signer la lettre de démission qui lui a été apportée le 29 janvier à son domicile par les émissaires du président Ouattara.

Guillaume Soro a très poliment renvoyé Téné Birahima Ouattara, par ailleurs ministre des affaires présidentielles, et Gilbert Kafana Koné, ministre chargé des relations avec les institutions, émissaires chargés de le convaincre de signer cette fameuse lettre de démission. Pour Guillaume Soro, il n'est pas question de signer une quelconque lettre. Il a répondu à ses hôtes qu’il donnera sa décision de démission lors d’une session de l'Assemblée nationale. Aucune date n’a été précisée plus ou moins. affirme notre source.

Pour l’ancien chef rebelle pas question de rendre le « tabouret ». Il veut pousser Ouattara jusqu’au bout et cela fait partie de sa stratégie. « C’est Ouattara qui ne veut plus de lui alors qu’il l’enlève pas à lui de partir. On constatera tous que c’est lui qui a pris la décision pas Soro », a indiqué notre source.

La sortie de Ouattara face aux journalistes le 28 janvier dernier a montré que le président est embarrassé. On pourrait dire qu’il a fait une erreur tactique sur le coup, car pourquoi annoncer la démission d’une personnalité qui pouvait le faire lui-même. S’il pense qu’il peut le dégommer, ce sera à lui de mettre sa machine en marche pour le démettre. Mais ne pas trahir un secret qui était jusque-là partagé par les deux.

Guillaume Soro est bien malin et n’entend pas se laisser faire. Il voudra le rôle de victime aujourd’hui que de démissionnaire. C’est vers là-bas qu’il veut entraîner Ouattara et ses partisans.

En tout cas, si 2020 nous réserve des surprises, l’épisode Guillaume Soro n’est pas prêt de s’arrêter maintenant.

 

Fulbert Koffi