Dossier élection présidentielle en RDC : L’invalidation de JP Bemba arrange bien de gens au sein de l’opposition congolaise

Jean-Pierre Bemba, Président du MLC et candidat à l'élection présidentielle en RDC

L’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba par la CENI a suscité de nombreuses réactions. Grincement de dents au Mouvement de la Libération du Congo, sourire en coin du côté de la majorité présidentielle (PPRD et FCC), posture attentiste et gênée à l’UNC de Vital Kamerhe, immense joie chez les Tshisekedistes de l'UDPS.

Si l’on peut comprendre la posture de ces derniers qui détestent tout ce qui ne s’appellent pas Tshisekedi et ne jurent que par la candidature de leur leader, que dire de l’UNC dont le délégué à la CENI a cautionné l’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba ? Comment interpréter cette posture qui s’apparente à un acte de traîtrise à l’égard d’un allié au sein de l’opposition ?  

L’invalidation de Jean-Pierre Bemba arrange bien de gens au sein de l’opposition congolaise. Même si son acquittement par la CPI et son retour au pays ont été unanimement salués par les leaders de l’opposition, il n’en demeure pas moins que ce retour a dérangé certains d’entre eux. Du côté du pouvoir, on en était bien conscient.

Avec le rejet du seul véritable poids lourd de l’opposition, Kinshasa s’assure d’avoir en face d’elle deux candidats (Vital et Félix) incapables de s’entendre et de bénéficier, au regard de ce qui vient de se passer à la CENI, du soutien des grands partis comme le MLC et le PALU.

À l’allure où vont les choses (et au cas où la cour constitutionnelle confirme la décision de la CENI), c’est la communauté internationale qui risque de jouer l’arbitre et de départager les parties. Félix Tshilombo n’inspirant confiance à personne aussi bien au niveau de l’opposition (non seulement il est perçu comme le candidat d’une tribu, mais les âneries de ses lieutenants irritent au plus haut plus point les autres partis, y compris le mouvement « Ensemble » de son ami Moise Katumbi) que de l’étranger, elle aura donc le choix entre légitimer une énième fraude électorale comme en 2006 et 2011 ou proclamer la fausse victoire de Vital Kamerhe. À moins que le peuple congolais s’oppose à cette manœuvre de toutes ses forces et renverse l’ordre cannibale à l’origine de sa souffrance. 

Patrick Mbeko