Malawi: l'ex-présidente Banda de retour au pays samedi après quatre ans d'exil

Joyce Banda, Sommet Concordia, New York, Etats-Unis, le 20 septembre 2016.

L'ancienne présidente du Malawi Joyce Banda, qui est accusée d'être impliquée dans un gigantesque scandale de corruption et vit en exil depuis 2014, doit rentrer dans son pays samedi, a annoncé lundi son porte-parole.

"C'est vrai. Je peux confirmer à nos partisans et aux Malawites que l'ancienne présidente du pays Dr. Joyce Banda rentrera au pays samedi", a déclaré Nowa Chimpeni à la radio locale Zodiak.

Joyce Banda va "réorganiser son parti" après quatre ans d'absence, au cours desquels des membres clés du Parti démocratique progressiste (DPP), dont son vice-président Uladi Mussa, ont quitté la formation, a précisé Nowa Chimpeni.

L'ancienne présidente est attendue samedi à l'aéroport international de Chileka à Blantyre, selon son porte-parole, à un an des élections législatives et présidentielle prévues en 2019.

En 2017, la police du Malawi avait lancé un mandat d'arrêt contre Joyce Banda, affirmant qu'il y avait des "preuves incroyables" de son implication dans l'affaire dite "Cashgate" qui avait secoué le pays en 2013 et précipité sa défaite électorale en 2014.

Dans la foulée, elle avait quitté son pays. Elle partage depuis son temps entre les Etats-Unis, l'Afrique du Sud et le Royaume-Uni.

Il n'était pas clair lundi si le mandat d'arrêt la visant était toujours d'actualité.

En 2013, environ 30 millions de dollars avaient disparu des caisses du Malawi, petit pays pauvre d'Afrique australe, dans des détournements impliquant des dizaines de fonctionnaires, hommes d'affaires et dirigeants politiques.

A la suite de ce scandale, de nombreux pays étrangers avaient retiré leur aide au pays, une décision désastreuse pour le Malawi dont le budget dépend à 40% de l'aide étrangère.

Joyce Banda fut la première femme présidente en Afrique australe.

Elle avait accédé à la fonction suprême en 2012 à la suite du décès du chef de l'Etat Bingu wa Mutharika, dont elle était la vice-présidente.

Mais elle avait perdu les élections en 2014 et dû céder la place à Peter Mutharika, frère cadet de l'ex-président qui avait fait de la lutte contre la corruption sa priorité.

 

Avec AFP