Journée de la femme: entretien matinal avec Priscilla Wolmer, Directrice du magazine 54 Etats

Priscilla Wolmer, Directrice du magazine 54 Etats

Selon l'adage "le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt", rencontre matinale avec nos leaders. Spéciale mois de la femme.

Le matin représente quoi pour vous ? Une image, un lieu, une ambiance, un souvenir ?

Chaque matin, que je me réveille à Paris ou en Afrique, sonne comme un nouveau défi. Après un rapide coup d’œil depuis le Smartphone à tous les réseaux sociaux, et les dépêches ; mentalement, je suis presque prête à attaquer la journée. Après un premier bisous de café et la Piano Sonata No. 14 – C-Sharp Minor, « Moonligh » de Ludwig van Beethoven, interprété par François-René Duchâble. I’m In! 

Réveil à quelle heure ? Quels rituels de démarrage et préparation de la journée ?

Il est aux alentours de 6h45, je me débarbouille, jump dans mon Range et je fonce à mon cours de Dynamo-Cycling à Opéra. C’est parti pour 45 minutes de vélo en salle, pratiquement dans le noir, avec 3 bougies au sol et un coach qui booste ton mental autant qu’il fait vibrer ton corps au-dessus de la selle. C’est tellement plus que du sport ! Là-bas, je me prépare entourée de toutes les « Wonder Women » venues de Paris, Milan, Jo’burg ou New-York, je suis au top pour faire mon brush, mettre un coup de lipstic Matte So chaud (mon favori chez Mac), troquer mes baskets par mes belles bottes Goya et foncer à la rédaction, pour informer nos Internautes sur les news du jour.  

Qu'est ce qui vous donne envie de vous lever le matin ?

Je ne suis pas de celles qui assistent au spectacle de leur vie sans y participer, pas de celles qui n’osent pas se lancer et agir par peur de tomber, de se tromper, de souffrir. Je suis actrice de ma vie pour éviter qu’elle ne sonne faux. Je refuse de suivre docilement le troupeau. Quand je me lève le matin, c’est à tout ça que je pense avec tous les risques que ça comporte mais je préfère ça mille fois au confort d’une existence morose. 

Votre motivation ?

J’ai crée ma société Africa Digital Power, anciennement Wolmer Communication en 2009. L’un de nos produits phare fut la création du magazine d’Information panafricain bilingue 54 ÉTATS. Initialement print, c’est depuis 2017, un média, sans pub et 100% en ligne. Ma motivation est donc là, ce bébé que j’ai fait naître a grandi et a pris en pleine tronche, la violente vague digitale. Une sorte de « marche ou crève » qui me pousse quotidiennement à renouveler ma manière de travailler dans ce nouveau monde où les géants du web imposent leur règle et bouleversent nos codes. L’Afrique a entamé sa « digital disruption », à ma petite échelle, j’ai entamé une révolution de l’esprit. 

Quelle est la place du "positif" et de "l'optismisme" dans votre vie ?

Qui pourrait avoir le culot d’affirmer qu’il n’a pas connu la dépression, des phases de spleen intense, un vide de la solitude ? Les échecs, les douleurs, les bobos de la vie sont parfois là mais je transforme ces épreuves, ces moments imparfaits en expériences de profondeur. J’oppose à chaque obstacle, un antidote positif. À 100%, je cultive l’optimisme intelligent ! 

Quelle est la place de femme dans la société africaine ?

La femme africaine est moderne. Elle connaît les traditions, et les restrictions qui y sont liées mais n’a plus besoin de les transgresser car elle est au centre de la famille, au centre de la société, au top de la hiérarchie. Il reste évidemment d’énorme progrès à réaliser. Par exemple, être journaliste en Afrique demeure difficile. Outre les contraintes liées à la censure, les considérations ne sont pas les mêmes et les respects portées à nos actions, nos écrits, nos pensées restent insuffisants et toujours dévalorisés par les hommes. On reprochera à la femme journaliste d’assister à des rendez-vous jugés trop tardifs, de réaliser des interviews avec des hommes en solo, de porter des tenues trop féminines pour un travail intellectuel mais ce qui a changé, c’est que la femme africaine se moque de ces valises d’inepties et avance en laissant les néo-cons sur le bord de la route.

A quoi peut aspirer une jeune femme de 20 ans en 2018 ?

La jeune femme de 20 ans est free-lance, polyglotte, digitale, citoyenne du monde. Elle utilise Facebook et dépasse les frontières de son pays grâce à ce réseau social. Elle a une conscience plus fine du monde qui l’entoure. 

Si vous vous retrouviez devant une fée avec une baguette magique, quel souhait voudrez-vous voir réaliser ?

Je rêverai de pouvoir affirmer qu’il y a au moins 27  présidente de la République femme en Afrique et au moins une centaine dans le monde. 

Quelle est votre clef du succès ?

Ma ténacité.

 

Entretien réalisé par Roger Musandji