Journée de la femme: entretien matinal avec Lydie Omanga, conseillère en communication

Lydie Omanga - Conseillère en communication

Selon l'adage "le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt",rencontre matinale avec nos leaders. Spéciale mois de la femme.

 

Oeil d'Afrique : Le matin représente quoi pour vous ? Une image, un lieu, une ambiance, un souvenir ?

Lydie Omanga : Un renouveau, une élévation et une nouvelle occasion de mieux faire. Un moment privilégier où tout est possible, rien n’est figé. Un moment où je me concentre le mieux, je visualise le mieux mes objectifs et fais le plein de l’énergie pour la journée. 

Il y a une chanson qui revient souvent dans ma tête le matin au réveil et qui me colle un sourire immédiat : «  C’est la journée, c’est la journée que le Seigneur a fait, qu’elle soit pour toi remplie de joie… »

Réveil à quelle heure ? Quels rituels de démarrage et préparation de la journée ?

Je me réveille à 5h30 si je suis à Kinshasa et à  6h30 si je suis à Paris. Je commence par ma prière du matin, je rends grâce à Dieu pour ce nouveau souffle de vie. Ensuite, je revois ma journée d’hier (points forts, axes d’amélioration) et je visualise celle qui s’offre à moi et comment j’aimerai qu’elle se passe en passant en revue le programme de ma journée dans ma tête. J’écoute la radio, lis mes emails, les tweets et la presse quotidienne en ligne.

7h30, je réveille mon fils, je le prépare pour l’école. Vers 8h20 je vais courir au minimum 5km et au plus 10 km. Je rentre de mon running, je m’étire, je me prépare un jus de légumes et de fruits frais, je me douche, habillage et ma journée prend sa vitesse de croisière …

Qu'est ce qui vous donne envie de vous lever le matin ?

La vie, mon fils, mon travail, ma famille. C’est un ensemble de tous ces éléments qui me motive à me lever chaque jour. Chaque matin est un nouveau challenge. Le fait de terminer ce que je n’ai pas fini la veille, le fait d’aller à un rendez-vous attendu de longue date, d’aller à une expo, le fait de ne rien faire et de me reposer est aussi très motivant.

Votre motivation ?

Le fait de pouvoir faire mieux qu’hier et de pouvoir changer les choses pour qu’elles soient meilleures !

Quelle est la place du "positif" et de "l'optimisme" dans votre vie ?

Ils ont une énorme place car je suis une personne très positive et optimiste. Ma mère nous dit toujours : « Le miracle est dans ta bouche. Sois positive en toute circonstance ! ». Vous voyez ! Quand vous entendez et mettez cela en pratique depuis votre jeune âge, cela vous donne un regard différent sur la vie et les événements, je vous assure ! C’est le regard que l’on pose sur les choses qui détermine l’impact positif ou négatif, qu’elles peuvent avoir ou non sur notre vie. Moi je préfère voir les choses du bon côté et sourire surtout quand c’est grave !

Quelle est la place de femme dans la société africaine et congolaise votre pays d'origine ?

Grande et vaste question ! J’ai envie de répondre qu’aujourd’hui la femme africaine et la femme congolaise en particulier n’attendent pas qu’on leur donne une place, elles prennent la place qu’elles souhaitent avoir. C’est une question de survie sinon elles meurent ! Elles se battent contre les traditions sans pour autant manquer de respect à leur culture c’est souvent très déstabilisant mais elles y arrivent tant bien que mal…

La femme africaine se prend en charge, d’ailleurs elle s’est toujours prise en charge sauf que par souci des convenances, elle faisait croire que c’était un tiers ( son copain, son mari, son père ou un  oncle) qui « était en charge » d’elle… Aujourd’hui, son émancipation se poursuit mais elle ne pourra se conforter que via une émancipation économique effective et sur ce coup là, les Hommes maintiennent leur longueur d’avance sur les femmes et pas qu’en Afrique hélas !

Ce qui fait que la femme reste, malgré tout, dans nos sociétés africaines « une femme », c’est –à-dire qu’elle ne vient pas avant un homme, on la considère toujours en fonction de son mari (sa qualité d’épouse) si elle n’en a pas en fonction de sa qualité de mère ou en fonction de son père ou de sa famille mais rarement en fonction d’elle même ! En Afrique, quand tu es une femme, il vaut mieux que tu sois mariée et que tu aies des enfants. Si tu n’es pas mariée, que il vaut mieux que tu vives encore chez tes parents. Si tu n’es ni mariée, que tu ne vis plus chez tes parents, il vaut mieux que tu sois mère de famille. Mais si tu es célibataire, sans enfants mais que tu as un super emploi qui te permet de bien gagner ta vie et même d’être un soutien pour ta famille, penses-tu qu’on va te dire félicitation tu t’es accomplie ou quand est-ce que tu te maries, il va falloir commencer à penser à faire des enfants ! L’émancipation économique n’est pas encore perçue comme un élément valorisant de la femme africaine, c’est là aussi que se situe notre combat.

A quoi peut aspirer une jeune femme de 20 ans en 2018 ?

Ah ah ahahh ah,  si je dois être honnête, je n’en sais rien du tout, je n’ai plus ce bel âge ! Et à 20 ans, je n’aspirais qu’à obtenir ma licence en droit, le mieux serait de poser cette question….aux jeunes filles de 20 ans ! (Rires !)

Ceci étant dit, quand j’observe les jeunes femmes, je me rends compte que la jeune femme de 20 ans ne veut pas la même chose, selon qu’elle vit en Afrique ou en Europe. Mais elles ont quand même, de mon point de vue, une chose en commun : elles veulent toutes réussir très vite et facilement, sans trop d’effort !

C’est assez paradoxal car en même temps, elles sont très exigeantes mais sans pour autant se donner les moyens d’obtenir les résultats de l’exigence recherchée. Mais bon, Dieu merci toutes les filles de 20 ans ne sont pas logées à cette enseigne !

Si vous vous retrouviez devant une fée avec une baguette magique, quel souhait voudrez-vous voir se réaliser ?

J’aimerai que la fée me donne le pouvoir de me « cloner » ! C’est choquant mais c’est vrai ! Je ne dis pas cela parce que je me trouve formidable ou géniale mais ce que j’entends par là, c’est que j’aimerai voir plus de femmes qui soient comme moi des femmes qui osent, qui s’imposent, qui ont du caractère même si cela peut faire peur ! Nous sommes nombreuses mais ce n’est pas assez.  Si nous voulons que les choses changent au niveau du respect et de la prise en compte des femmes en tant que force indéniable de la société, nous devons cloner certaines d’entre –nous !  

Et avec cette baguette magique j’aimerai faire comprendre aux parents l’importance de leur rôle dans les paroles, les actes et le regard qu’ils portent sur leurs enfants et sur les petites filles en particulier. J’aimerai que les petites filles (surtout en Afrique) aient comme moi des parents qui donnent de la valeur à leur enfant en privilégiant leur épanouissement, leur bien-être en tant que membre d’une famille et acteur de la société, en mettant l’accent sur leur éducation scolaire au même titre que celle de leur frère, par exemple.

Quelle est votre clef du succès ?

Il n’y a pas une clé mais des clés. Sur mon « porte-clés du succès », j’ai la clé de la famille et des amis, la clé de la foi, la clé de la pensée positive, la clé du travail et la plus importante la clé de l’amour de soi. Pour réussir il faut s’aimer et quand on s’aime on ne veut pas, passez moi l’expression de la « merde », on aspire à de grandes, de bonnes et de belles choses pour soi-même et pour les autres. Quand on s’aime on vibre positivement et on avance dans la vie avec un smile et des good vibes et ce faisant on impacte positivement sa personne et son entourage !

 

Entretien réalisé par Roger Musandji