La communauté internationale contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël

Donald Trump, Président des Etats-Unis

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël", a annoncé la présidence japonaise de l'instance, dans la nuit du mercredi 6 décembre au jeudi 7 décembre.

Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a salué un "jour historique", après la déclaration de Donald Trump, assurant que cela ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem. Mais mis à part le gouvernement israélien, cette décision a été vivement critiquée par la communauté internationale. Franceinfo revient sur les principales réactions.

L'ONU se dit "contre toute mesure unilatérale"

Huit pays ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. "Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay demandent à la présidence" japonaise du Conseil de sécurité "d'organiser une réunion d'urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine", indique un communiqué de la mission suédoise. La présidence de l'instance a annoncé, peu après, que le Conseil se réunirait vendredi matin, en urgence.

Pour le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une "négociation directe" entre Israéliens et Palestiniens. Il avoir toujours été "contre toute mesure unilatérale""Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux Etats" avec "Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine", a-t-il insisté.

L'Union européenne fait part de sa "sérieuse préoccupation"

Dans un communiqué, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a écrit : "L'Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l'annonce aujourd'hui du président des Etats-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix."

Paris condamne une décision "regrettable"

"C'est une décision regrettable que la France n'approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a réagi Emmanuel Macron, depuis l'Algérie. "Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale. Je veux l'affirmer clairement, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l'égide des Nations Unies", a-t-il poursuivi.

Berlin "ne soutient pas" cette décision

Le gouvernement allemand "ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocié que dans le cadre d'une solution de deux Etats", a déclaré la chancelière, citée dans un tweet de son porte-parole Steffen Seibert. Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a dit redouter que cette décision ne conduise à une "nouvelle escalade dans le conflit entre Israël et les Palestiniens". Et d'ajouter : "Nous espérons que (nos) inquiétudes pourront être (...) calmées. Mais cette volte-face est déjà un gros problème."

Londres n'est "pas d'accord"

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne avant un accord final sur son statut", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué. Pour elle, cette décision n'est "d'aucune aide" pour les perspectives de paix dans la région.

Ankara critique une décision "irresponsable"

"Nous condamnons la déclaration irresponsable de l'administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. Avant l'annonce de cette décision largement anticipée, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait averti que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".

Pour le président palestinien, les Etats-Unis ne peuvent plus être médiateur

"Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a déclaré Mahmoud Abbas sur la télévision palestinienne, déclarant que Jérusalem était "la capitale éternelle de l'Etat de Palestine".

Le Hamas estime que Trump "ouvre les portes de l'enfer"

C'est ce qu'a déclaré Ismaïl Radouane, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien aussitôt après la déclaration de Donald Trump. Il a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Le pape exprime sa "profonde inquiétude"

"J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU", a déclaré le pape François, qui a fait part de "profonde inquiétude". Le souverain pontife ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

Videos

International

Image d'illustration : Luiz Inacio Lula da Silva en avril 2018 © Ricardo Moraes Source: Reuters

Brésil : un juge annule l'ordre de libération de l'ex-président Lula

Un juge de la cour d'appel du Brésil a annulé ce 8 juillet un ordre de libération de l'ex-président Lula da Silva, qui avait été pris plus tôt par un autre magistrat de la même cour. Condamné pour corruption, il n'a cessé de clamer son innocence.
Nawaz Sharif, l'ancien Premier ministre pakistanais le 17 avril 2018 à Islamabad. | AFP / AAMIR QURESHI

Pakistan: L’ancien Premier ministre condamné à 10 ans de prison pour corruption

L’ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a été condamné à une peine de dix ans de prison par un tribunal anti-corruption, selon des sources judiciaires, portant un coup sérieux à son parti avant des élections législatives prévues le 25 juillet.
Les jeunes interpellés s'étaient spécialisés dans le vol de Range Rover. Photo d'illustration.@ DAVID MCNEW / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

France : une bande soupçonnée du vol de près de 70 véhicules 4x4 interpellée

Les neuf jeunes interpellés sont soupçonnés d'avoir volé au moins 68 Range Rover, qu'ils auraient exporté vers l'Afrique. 
Forum des Diasporas Africaines

Le Palais des congres accueille une exposition éphémère pour mettre en valeur l’art comme levier de la coopération Europe - Méditerranée - Afrique

A l’occasion du Forum des Diasporas Africaines qui se tiendra le 22 juin 2018 sous le haut-patronage d’Emmanuel Macron, le Palais des Congrès accueillera une exposition éphémère pour mettre en valeur l’art et les cultures africaines. En sus de l’exposition, une table-ronde sera organisée autour de « l’art africain, levier de soft power ».Les arts d’Afrique, un soft power a exploiter pour redéfinir l’influence du continent
L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à Washington le 19 juin 2018 afp.com - Andrew CABALLERO-REYNOLDS

Les Etats-Unis se retirent du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Les Etats-Unis se sont retirés mardi du Conseil des droits de l'homme de l'ONU en accusant l'institution basée à Genève d'"hypocrisie" et de parti pris contre Israël, une décision aussitôt dénoncée par des organisations de défense des droits humains.
London Breed, 43 ans, présidente du conseil municipal et future maire de San Francisco | Wikimedia commons

San Francisco élit pour la première fois une femme noire comme maire

London Breed, la prochaine maire de San Francisco, va devenir la première femme noire à diriger cette ville phare, alors qu'aucune femme n'avait jusqu'ici dirigé une municipalité aussi grande aux Etats-Unis.
L'image a fait le tour du monde. Donald Trump et Kim Jong-un se sont serré la main et ont fait assaut d'amabilité à Singapour. | AFP

Que change la poignée de main Kim-Trump ?

Donald Trump et Kim Jong-un se sont serré la main et ont fait assaut d’amabilités, à Singapour. Tant mieux, après les tensions des derniers mois. Mais sur le fond, notamment le nucléaire, le bilan est maigre.