L'Arabie saoudite expulse l'ambassadeur du Canada après des critiques sur les droits de l'Homme

Le ministre des affaires étrangères, Adel bin Ahmed Al-Jubeir.

L'Arabie saoudite a annoncé lundi 5 août qu'elle avait décidé d'expulser l'ambassadeur du Canada à Ryad et de geler toute relation commerciale, en réplique aux critiques répétées d'Ottawa sur la répression des militants de droits de l'Homme.

Le royaume saoudien a donné 24 heures au diplomate canadien pour quitter le pays et rappelle son ambassadeur au Canada "pour consultations", dans un soudain durcissement des relations entre ces deux pays.

Le Canada n'avait pas réagi officiellement dimanche soir (à Ottawa) à l'annonce de Ryad, intervenue suite à un appel de l'ambassade du Canada à la libération immédiate de militants des droits de l'Homme emprisonnés en Arabie saoudite. Le royaume d'Arabie saoudite "n'acceptera d'aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou des diktats imposés", a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères sur Twitter, reflétant la fermeté du prince héritier Mohammed ben Salmane en matière de politique étrangère.

Ryad a en outre annoncé que le royaume avait décidé de "geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements" avec le Canada. L'ambassade canadienne s'était dite "gravement préoccupée" par une nouvelle vague d'arrestations de militants des droits de l'Homme dans le royaume.

"Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des #droitsdel'Homme", avait déclaré l'ambassade vendredi dans un communiqué publié sur Twitter.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé sa réprobation concernant la formulation du communiqué de l'ambassade. "Il est très regrettable que les mots 'libération immédiate' figurent dans le communiqué canadien", a déclaré le ministère. "C'est inacceptable dans les relations entre deux pays".

Le 2 août dernier, la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, s'était déjà dite "très alarmée d'apprendre l'emprisonnement de Samar Badaoui", une militante de l'égalité entre hommes et femmes, arrêtée la semaine dernière avec sa collègue Nassima al-Sadah.

Samar Badaoui est la récipiendaire du Prix international du courage féminin 2012 décerné par le département d'État américain.

Elle a fait campagne pour la libération de son frère, Raef al-Badaoui, un blogueur dissident, et de Walid Abou al-Khair, son ancien mari. Citoyen saoudien, Raef al-Badaoui est emprisonné depuis 2012 en raison de propos tenus sur son blog. Il a été condamné en novembre 2014 à dix ans de prison et à 1.000 coups de fouet pour "insulte à l'islam".

L"épouse de Raef al-Badaoui, Ensaf Haidar, est installée au Québec depuis l'automne 2013 avec ses trois enfants. En avril dernier, le Premier ministre canadien Justin Trudeau lui-même avait fait part au prince saoudien de "ses préoccupations importantes et constantes" à l'égard du blogueur emprisonné.

Salve d'arrestations

Les arrestations de Samar Badaoui et de sa collègue sont intervenues quelques semaines après celles d'une dizaine de militantes des droits des femmes, accusées de porter atteinte à la sécurité nationale et de collaborer avec les ennemis de l'État.

Certaines ont été relâchées depuis.

Comme Mme Badaoui, Nassima al-Sadah est une opposante de longue date au système de tutelle de l'Arabie saoudite, qui met la femme sous l'autorité de l'homme quand il s'agit d'étudier, de voyager ou de se marier.

Le jeune prince héritier saoudien a récemment introduit une série de réformes, comme l'autorisation de conduire pour les femmes, visant à redorer l'image souvent austère du royaume au moment où ce dernier prépare sa reconversion après des décennies de "tout-pétrole".

Parallèlement, le dirigeant de 32 ans mène une politique étrangère agressive, par exemple en appelant au blocage de son voisin du Qatar ou en participant aux bombardements contre les rebelles Houthis soutenus au Yémen par son ennemi et rival l'Iran. Tout en verrouillant toute forme d'opposition dans son propre royaume afin d'asseoir son pouvoir.

"Il est plus facile de rompre les liens avec le Canada qu'avec les autres" pays, explique à l'AFP Bessma Momani, de l'université de Waterloo au Canada. "Il n'y a pas de liens commerciaux solides, et s'en prendre au gouvernement Trudeau peut avoir un certain retentissement après des alliés régionaux va-t-en guerre de la région. Les milliers d'étudiants saoudiens au Canada risquent, eux, d'en pâtir".

AFP

 

Videos

International

Maeve Kennedy McKean, 40 ans, et son fils Gideon, 8 ans, ne sont pas revenus jeudi d'une sortie dans la baie de Chesapeake. | AFP / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MIKE PONT

USA : Deux membres de la famille Kennedy portés disparus

Deux membres de la famille Kennedy étaient portés disparus vendredi après une balade en canoë. Maeve Kennedy McKean, 40 ans, et son fils Gideon, 8 ans, ne sont pas revenus jeudi d’une sortie dans la baie de Chesapeake.Deux membres de la famille Kennedy, dont une petite-nièce du président assassiné John Kennedy, étaient portés disparus vendredi après une balade en canoë, selon les autorités du Maryland, une nouvelle tragédie au sein de la dynastie politique la plus célèbre des États-Unis.
Donald Trump / Source Reuters

Coronavirus : Critiquée par Donald Trump, la Chine l’accuse de « fuir ses responsabilités »

Le torchon brûle depuis plusieurs jours entre Pékin et Washington. Après avoir déclenché une polémique en qualifiant le Covid-19 de « virus chinois », Donald Trump a déclaré jeudi 19 mars que le monde payait « le prix fort » pour la lenteur chinoise à communiquer sur le nouveau coronavirus. En réponse au président américain, la Chine l’accuse ce vendredi de « fuir ses responsabilités ».
Michael Bloomberg se retire de la campagne présidentielle/ Reuters

USA: Le milliardaire Michael Bloomberg jette l’éponge et soutient Joe Biden

Au lendemain d’un « Super Tuesday » raté, le magnat des médias et ancien maire de New York a annoncé qu’il se retirait de la course à l’investiture démocrate. Michael Bloomberg appelle à voter Joe Biden.
Le président russe Vladimir Poutine

Pour Vladimir Poutine, un mariage n'est possible qu'entre "un homme et une femme"

Cette déclaration du président russe a eu lieu lors d'une rencontre avec un groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle proposée en janvier par le chef d'Etat russe. Un mariage, c'est une union entre un homme et une femme", a déclaré jeudi 13 février Vladimir Poutine, lors d'une rencontre avec un groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle proposée en janvier par le chef d'Etat russe. 
L’ancien ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, mercredi au Sénat, à Rome. Photo Roberto Monaldo. Lapresse. AP

Le Sénat italien renvoie en justice Matteo Salvini pour avoir bloqué des migrants

Le Sénat italien a renvoyé mercredi en justice Matteo Salvini, le chef de l'extrême droite, accusé de séquestration de personnes pour avoir bloqué un bateau de migrants au large de la Sicile quand il était ministre de l'Intérieur. Le résultat du vote sera annoncé officiellement à 18H00 GMT, mais le tableau électronique vu par plusieurs journalistes de l'AFP, indiquant pendant quelques secondes le résultat du scrutin, a permis d'établir clairement son renvoi en justice, confirmé par tous les médias italiens.
 Des migrants à Malaga, en octobre dernier. AFP

L'Espagne aura besoin de «millions et de millions de migrants» selon le ministre des Migrations

L'Espagne, qui compte actuellement quelque 47 millions d'habitants, va devoir ouvrir ses portes. Selon José Luis Escriva, ministre espagnol de la Sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations, la trajectoire démographique du pays est si inquiétante que "nous aurons besoin de 8 ou 9 millions de personnes juste pour garder notre population active au même niveau", a-t-il estimé, jeudi 16 janvier lors du Forum de l'OCDE sur les migrations, à Paris.
Le président français Emmanuel Macron

Sahel : Emmanuel Macron se dit prêt à revoir les « modalités d’intervention » de la France

Près de 4.500 militaires français de l’opération Barkhane sont mobilisés, depuis août 2014, dans la bande sahélo-saharienne pour combattre le terrorisme Emmanuel Macron a annoncé jeudi 28 novembre qu'il était prêt à revoir "toutes les options stratégiques" de la France au Sahel. Le président français a réclamé à ses alliés une "plus grande implication" contre "le terrorisme" dans la région, après avoir reçu le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.