Brésil : condamné, l’ancien président Lula vise toujours la présidence

L’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva ©DR

Toujours combatif au lendemain de son revers cuisant devant la justice, Lula a été adoubé jeudi en tant que candidat à la présidentielle d'octobre par son Parti des Travailleurs (PT), qui tente de remobiliser ses troupes.

"Nous sommes ici pour réaffirmer la candidature de Luiz Inacio Lula da Silva. Il sera notre candidat", a annoncé la présidente du PT Gleisi Hoffmann, au début d'une réunion de la direction du parti à Sao Paulo.

"Brésil, c'est urgent, Lula président!" scandaient des militants au début de cette rencontre, qui a eu lieu au siège de la CUT, le plus grand syndicat du Brésil, en présence de Lula et de l'ex-présidente Dilma Rousseff.

"Sans arrogance, je tiens à vous dire que je veux être candidat pour gagner les élections. Pas question de baisser la tête", a lancé Lula, combatif malgré l'échec de son appel.

"Le jugement d'hier est une décision politique. Évidement, je ne suis pas content, mais je doute que ceux qui m'ont jugé aient la conscience tranquille".

Trois magistrats de Porto Alegre ont rendu mercredi un jugement aussi unanime qu'implacable en confirmant que Lula, 72 ans, était coupable de corruption passive et de blanchiment d'argent pour avoir accepté un triplex d'une entreprise de construction.

Ils ont également aggravé sa peine de prison d'un tiers, à 12 ans et un mois.

- 'Mascarade judiciaire' -

Mais Lula est resté libre, et libre de faire campagne. Le couperet de la justice n'a pas réduit à zéro ses chances de se présenter pour un troisième mandat : ses avocats ont diverses possibilités de recours. Ce n'est qu'après épuisement de tous ceux-ci que Lula pourrait être déclaré inéligible et éventuellement emprisonné.

Mercredi, son avocat avait prévenu que "tous les moyens légaux possibles" seront employés par sa défense.

"Pour arrêter Lula, ils vont devoir arrêter des millions de Brésiliens. Nous allons nous battre dans la rue pour la candidature de Lula et le retour de la démocratie", a affirmé le sénateur Lindberg Farias lors de la réunion du PT.

Le jugement, décrit comme une "mascarade judiciaire" par le PT , faisait l'objet de nombreux commentaires dans la presse brésilienne.

O Globo estimait que "Lula a subi la pire défaite de son parcours politique" et "est plus proche de la prison que du Palais du Planalto", siège de la présidence à Brasilia. Sa "candidature est presque un mirage", ajoutait une éditorialiste.

Pour le quotidien Estado de S. Paulo "le résultat de 3-0 (des juges de Porto Alegre) devrait être suffisant pour convaincre les sympathisants du PT d'arrêter enfin de voir Lula-le-corrompu comme un martyr de la démocratie brésilienne".

"Nous allons assister à une grande division de notre pays parce que beaucoup de gens ne veulent pas que Lula soit candidat, mais il demeure en tête des intentions de vote. Il y aura une forte polarisation et beaucoup incertitude", a expliqué à l'AFP le sociologue Alberto Almeida.

- Troupes démoralisées -

Le PT a seulement annoncé jeudi la "pré-candidature" de Lula, la loi électorale n'autorisant pas l'annonce de candidatures avant le 20 juillet.

Lors de cette réunion, ce parti de gauche qui était à son apogée lors des années de présidence Lula (2003-2010) a également tenté de remobiliser des troupes démoralisées.

La destitution brutale en 2016 de Dilma Rousseff, qui avait succédé à son mentor Lula, la claque subie aux municipales la même année, les affaires de corruption autour de Lula (neuf procédures au total) ont ébranlé la foi des militants.

"Je me suis sentie indignée par la justice, ce qu'ils ont fait avec Lula, c'est un manque de respect. S'ils ont fait ça avec lui, imaginez ce qu'ils feraient avec moi, qui suis une femme noire de banlieue", a déploré Marli Martins de Oliveira, militante de 47 ans, en marge de la réunion du parti.

Tous les espoirs du PT reposent sur les épaules de Lula, seule figure émergente à gauche, et seul candidat pour lequel, selon les sondages, un tiers des Brésiliens seraient prêts à voter. Mais qui est condamné par la justice.

Le PT serait en coulisses en train de réfléchir à un plan B, selon certains analystes. Et peut-être à une candidature de l'ancien ministre Jaques Wagner ou de Fernando Haddad, ex-maire de Sao Paulo.

Avec l'AFP

Videos

International

Donald Trump / Source Reuters

Coronavirus : Critiquée par Donald Trump, la Chine l’accuse de « fuir ses responsabilités »

Le torchon brûle depuis plusieurs jours entre Pékin et Washington. Après avoir déclenché une polémique en qualifiant le Covid-19 de « virus chinois », Donald Trump a déclaré jeudi 19 mars que le monde payait « le prix fort » pour la lenteur chinoise à communiquer sur le nouveau coronavirus. En réponse au président américain, la Chine l’accuse ce vendredi de « fuir ses responsabilités ».
Michael Bloomberg se retire de la campagne présidentielle/ Reuters

USA: Le milliardaire Michael Bloomberg jette l’éponge et soutient Joe Biden

Au lendemain d’un « Super Tuesday » raté, le magnat des médias et ancien maire de New York a annoncé qu’il se retirait de la course à l’investiture démocrate. Michael Bloomberg appelle à voter Joe Biden.
Le président russe Vladimir Poutine

Pour Vladimir Poutine, un mariage n'est possible qu'entre "un homme et une femme"

Cette déclaration du président russe a eu lieu lors d'une rencontre avec un groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle proposée en janvier par le chef d'Etat russe. Un mariage, c'est une union entre un homme et une femme", a déclaré jeudi 13 février Vladimir Poutine, lors d'une rencontre avec un groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle proposée en janvier par le chef d'Etat russe. 
L’ancien ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, mercredi au Sénat, à Rome. Photo Roberto Monaldo. Lapresse. AP

Le Sénat italien renvoie en justice Matteo Salvini pour avoir bloqué des migrants

Le Sénat italien a renvoyé mercredi en justice Matteo Salvini, le chef de l'extrême droite, accusé de séquestration de personnes pour avoir bloqué un bateau de migrants au large de la Sicile quand il était ministre de l'Intérieur. Le résultat du vote sera annoncé officiellement à 18H00 GMT, mais le tableau électronique vu par plusieurs journalistes de l'AFP, indiquant pendant quelques secondes le résultat du scrutin, a permis d'établir clairement son renvoi en justice, confirmé par tous les médias italiens.
 Des migrants à Malaga, en octobre dernier. AFP

L'Espagne aura besoin de «millions et de millions de migrants» selon le ministre des Migrations

L'Espagne, qui compte actuellement quelque 47 millions d'habitants, va devoir ouvrir ses portes. Selon José Luis Escriva, ministre espagnol de la Sécurité sociale, de l'inclusion et des migrations, la trajectoire démographique du pays est si inquiétante que "nous aurons besoin de 8 ou 9 millions de personnes juste pour garder notre population active au même niveau", a-t-il estimé, jeudi 16 janvier lors du Forum de l'OCDE sur les migrations, à Paris.
Le président français Emmanuel Macron

Sahel : Emmanuel Macron se dit prêt à revoir les « modalités d’intervention » de la France

Près de 4.500 militaires français de l’opération Barkhane sont mobilisés, depuis août 2014, dans la bande sahélo-saharienne pour combattre le terrorisme Emmanuel Macron a annoncé jeudi 28 novembre qu'il était prêt à revoir "toutes les options stratégiques" de la France au Sahel. Le président français a réclamé à ses alliés une "plus grande implication" contre "le terrorisme" dans la région, après avoir reçu le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.
Le militant pro-démocratie Joshua Wong avant de donner une conférence de presse devant le Conseil législatif (LegCo, le Parlement local) à Hong Kong le 29 octobre 2019 afp.com - Anthony WALLACE

Elections locales à Hong Kong: la candidature de Joshua Wong invalidée

Joshua Wong, figure du mouvement pro-démocratie à Hong Kong, a crié à la "censure" politique en annonçant que sa candidature aux élections locales avait été invalidée, au moment où l'ex-colonie britannique vit sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997.