Ghana: "l'Année du retour" attire les touristes afro-américains

Visite du fort de Cape Coast, haut lieu de la traire négrière situé à 150 kilomètres au sud-ouest de la capitale ghanéenne Accra, le 28 juillet 2019. Siphiwe Sibeko / REUTERS

La pasteur américaine Roxanne Caleb a les yeux embués en sortant d'un donjon obscur où des esclaves africains étaient détenus avant de traverser l'Atlantique vers les Etats-Unis.

"Je n'étais pas prête à voir cela. J'ai le coeur brisé", confie-t-elle à l'AFP alors qu'elle visite le fort de Cape Coast, sur la côte du Ghana.

"Je n'arrive toujours pas à imaginer qu'un humain traite un autre être comme un rat", ajoute-t-elle.

Roxanne Caleb fait partie des visiteurs afro-américains se déplaçant en masse pour l'"Année du retour" du Ghana. Ce sont douze mois pendant lesquels le pays d'Afrique de l'Ouest, qui fut un des importants pays de départ de la traite négrière entre les XVe et XVIIIe siècles, organise des événements pour commémorer le premier bateau d'esclave arrivé en Virginie il y a 400 ans.

Le fort de Cape Coast, à 150 km au sud-ouest de la capitale Accra, est prisé des visiteurs. Murs blanchis à la chaux, rangées de canons, le fort était une des dizaines de prisons parsemant la côte atlantique où étaient emprisonnés les esclaves avant leur voyage vers le Nouveau Monde.

Parmi les Afro-américains célèbres qui visitent le site historique, une délégation du Congressional Black Caucus, le groupe parlementaire rassemblant les élus de la communauté afro-américaine s'y est rendue le mois dernier, menée par la présidente démocrate de la chambre basse du Congrès américain Nancy Pelosi.

- Ne pas oublier l'histoire -

Pour les touristes, la visite est un rite de passage plein d'émotion.

Pour Sampson Nii Addy, agent pénitentiaire de la police de Montgoméry en Alabama, cette visite entreprise avec sa famille a été "éducative".

"Je pense que tous les Noirs devraient venir ici apprendre l'histoire et comment les gens étaient traités", a assuré l'homme de 52 ans à l'AFP. "On ne peut pas oublier l'histoire, mais on peut toujours en tirer des leçons", a-t-il ajouté.

Le Ghana, une des démocraties les plus stables du continent africain, tente d'inciter les Afro-américains à découvrir leurs origines, voire à s'installer de manière permanente.

En 2009, le président américain Barack Obama avait visité le fort de Cape Coast avec toute sa famille, décrivant l'endroit comme un lieu "de tristesse profonde".

Avec "l'Année du retour", le pays espère voir augmenter son nombre de visiteurs de 350.000 en 2018 à 500.000 cette année, dont 45.000 Afro-américains.

Selon Kojo Keelson qui a été guide dans la région pendant neuf ans, le Ghana attend quelque 830 millions d'euros de recettes touristiques cette année.

"C'est comme un pèlerinage. Cette année, nous avons beaucoup plus d'Afro-Américains que les années précédentes".

Akwasi Awua Ababio, coordinateur des événements de "l'Année du retour", souligne les forts taux d'occupation des hôtels et affirme que "l'enthousiasme est au rendez-vous, nous avons beaucoup de personnes venant des Etats-Unis et des Caraïbes".

Selon lui, le Ghana espère stimuler son économie mais aussi convaincre les descendants d'esclaves de s'y installer pour de bon, afin d'aider le pays à se développer.

"Nous devons penser à comment les accueillir pour tirer parti de leur expertise et de leurs réseaux", ajoute Akwasi Awua Ababio.

Avec AFP

Videos

Culture

Manu Dibango, saxophoniste et légende de l'afro-jazz, est mort à l'âge de 86 ans

Coronavirus: mort de l'artiste Manu Dibango

Le chanteur et saxophoniste, âgé de 86 ans, avait annoncé il y a quelques jours avoir été hospitalisé pour cause de coronavirus. Manu Dibango, saxophoniste et légende de l'afro-jazz, est mort à l'âge de 86 ans, a annoncé sa famille dans une publication sur Facebook. "Chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du covid 19", peut-on lire.
Manu Dibango ©DR

Coronavirus: le saxophoniste Manu Dibango hospitalisé

Le saxophoniste de légende, bien connu des Sarthois et plus particulièrement à Saint-Calais, a été contaminé par le Covid-19. Manu Dibango, saxophoniste et légende de l’afro-jazz, bien connu des Sarthois, a été hospitalisé pour cause de coronavirus et "se repose et récupère dans la sérénité", est-il indiqué sur sa page Facebook officielle. "Il se réjouit d’avance de vous retrouver prochainement et vous demande, en cette période troublée que nous traversons tous, de bien prendre soin de vous,"est-il précisé.
Fally Ipupa sur la scène de Bercy. Le 28/02/20202

Rumba et politique, un cocktail congolais

Des incidents ont éclaté vendredi 28 février gare de Lyon à Paris, non loin de la salle de concert où le chanteur Fally Ipupa se produisait.
Erickson Le Zulu

Décès en France de Ecrickson le Zulu, l'un des précurseurs du coupé-décalé

L'artiste-chanteur Eric Bosiki dit Erickson Le Zulu, l'un des précurseurs du Coupé-décalé (Musique urbaine en vogue en Côte d'Ivoire) d'origine Congolaise, est décédé dimanche en France des suites d'une maladie. Selon ces sources, l'ex-star du Coupé-décalé aurait été emportée par une cirrhose de foie et une hépatite B. Erickson le Zulu était très adulé des mélomanes ivoiriens dans les années 2000.
Hommage à Franco Luambo Makiadi : Bedel Baouna publie « La vie des hommes », un théâtre haletant (Couverture du livre)

Hommage à Franco Luambo Makiadi : Bedel Baouna publie « La vie des hommes », un théâtre haletant

Il y a 30 ans (et 4 mois) s’éteignait le Grand-Maître Franco Luambo Makiadi en Belgique, l’un des papes de le Rumba congolaise moderne. Mais sa mort physique ne sonna pas le glas de son immense œuvre. Bien au contraire, elle reste d’actualité, et plus que jamais vivante. Parmi ses multiples « chroniques sociales », « La vie des hommes ». A coup de phrases dures, Franco y souligne la mécanique du drame, que vit Malelisa, femme au foyer, délaissée par un mari volage, adepte de toutes les marques de bière.
Roman : « Paris la Défonce », une alacrité d’écriture

Roman : « Paris la Défonce », une alacrité d’écriture

« Qu’est-ce que le style ? Une manière compliquée de raconter des choses simples ou une manière simple de raconter des choses compliquées ? » (Jean Cocteau) Elisabeth Ndala, elle, sans détour a opté pour une manière simple de raconter une histoire compliquée. Sa nouvelle, ou plutôt son roman – puisqu’il n’y a pas unité de temps, d’action et de lieu -, « Paris la Défonce », est un enjouement littéraire. Il n’y a pas de dialogues ; ils sont du moins dilués dans le discours narrativisé, comme pour marquer plus de distance.
Le rappeur Akon ©DR

Le rappeur Akon va investir dans un projet écotouristique au Sénégal

Le rappeur Akon a décidé d'investir dans l'écotourisme sur la côte Atlantique au Sénégal, le pays d'origine de sa famille, ont indiqué jeudi des responsables du gouvernement et du secteur. Connu pour ses tubes R&B "Locked Up" ou "Smack That", le chanteur et producteur américano-sénégalais de 46 ans a signé mardi au Sénégal un accord avec la société publique Sapco (Société d'aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal).