Au Gabon, slammer pour faire parler les quartiers populaires

Franck Noël Mackosso

"Porter la voix des sans-voix": double champion de slam du Gabon, Franck Noël Mackosso, alias "No", veut montrer la réalité peu reluisante et le quotidien de galère des quartiers populaires de Libreville.

Ce jour-là, pour une session de rap et de slam improvisés, No a tenu à retourner là où il a grandi, dans le sud de la capitale gabonaise.

Sur la dalle de béton attenante à son ancien logement, à côté d'une vieille carcasse de voiture et à quelques mètres de la voie rapide qui traverse Libreville, il retrouve ses amis du quartier, avant de se lancer dans ses mélodies parlées.

"Le Gabonais a un problème, et pour saigner l'abcès (...) j'ai décidé d'enlever trois lettres au mot +problème+ pour en faire un +poème+", lance No, la voix posée et l'articulation travaillée.

Un cahier et un crayon dans le sac à dos, un débit de parole plutôt lent au premier abord: sous ses airs calmes, le jeune homme de 28 ans peut accélérer la cadence. Alors, les mots fusent, comme des revendications.

"Parlons des détournements de fonds, des falsifications des papiers, du prix des appropriations voire même des non-justifications de certaines arrestations... Parlons des morts et des martyrs, de l'amour et de la liberté d'expression..."

- Dire la 'réalité' -

Le slammeur veut parler de la "réalité" sans être encarté politiquement, comme beaucoup d'artistes de musiques urbaines gabonais le sont.

Le problème du Gabon ? "Ce n'est pas Ali ou Ping (le président gabonais Ali Bongo et l'opposant Jean Ping, qui conteste toujours l'élection de 2016, ndlr), le vrai problème, c'est la mentalité des Gabonais", répond-il à l'AFP.

"Le +mec+ qui jette les ordures partout dans la rue est le même qui se plaint du problème d'insalubrité", harangue-t-il en référence aux nombreuses grèves des services de propreté du Gabon qui font s'entasser les sacs poubelles dans les rues du pays.

"Le slam me permet de dire tout haut ce que d'aucuns disent tout bas", dit-il dans un sourire. "Il y a des gens qui ne savent pas ce que, nous, on vit dans les quartiers."

Mi-septembre, No s'est produit à l'Institut français du Gabon, à Libreville, dans le cadre d'un événement consacré au cinéaste David Mboussou. "Ce que No slamme, c'est ce que je vis avec mes enfants tous les jours", s'est réjouie Maria, venue le voir avec ses trois enfants.

"Tout le monde a besoin d'entendre des gens qui leur ressemblent. Et avec No, ce qui est important, c'est qu'il ressemble aux gens du quartier, il est du quartier, et surtout, il parle des choses dont les gens du quartier veulent qu'on discute à de plus hauts niveaux", corrobore à l'AFP Nick Hella, de la web-tv gabonaise Nya, qui réalise un documentaire sur l'artiste.

Videos

Culture

Manu Dibango, saxophoniste et légende de l'afro-jazz, est mort à l'âge de 86 ans

Coronavirus: mort de l'artiste Manu Dibango

Le chanteur et saxophoniste, âgé de 86 ans, avait annoncé il y a quelques jours avoir été hospitalisé pour cause de coronavirus. Manu Dibango, saxophoniste et légende de l'afro-jazz, est mort à l'âge de 86 ans, a annoncé sa famille dans une publication sur Facebook. "Chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du covid 19", peut-on lire.
Manu Dibango ©DR

Coronavirus: le saxophoniste Manu Dibango hospitalisé

Le saxophoniste de légende, bien connu des Sarthois et plus particulièrement à Saint-Calais, a été contaminé par le Covid-19. Manu Dibango, saxophoniste et légende de l’afro-jazz, bien connu des Sarthois, a été hospitalisé pour cause de coronavirus et "se repose et récupère dans la sérénité", est-il indiqué sur sa page Facebook officielle. "Il se réjouit d’avance de vous retrouver prochainement et vous demande, en cette période troublée que nous traversons tous, de bien prendre soin de vous,"est-il précisé.
Fally Ipupa sur la scène de Bercy. Le 28/02/20202

Rumba et politique, un cocktail congolais

Des incidents ont éclaté vendredi 28 février gare de Lyon à Paris, non loin de la salle de concert où le chanteur Fally Ipupa se produisait.
Erickson Le Zulu

Décès en France de Ecrickson le Zulu, l'un des précurseurs du coupé-décalé

L'artiste-chanteur Eric Bosiki dit Erickson Le Zulu, l'un des précurseurs du Coupé-décalé (Musique urbaine en vogue en Côte d'Ivoire) d'origine Congolaise, est décédé dimanche en France des suites d'une maladie. Selon ces sources, l'ex-star du Coupé-décalé aurait été emportée par une cirrhose de foie et une hépatite B. Erickson le Zulu était très adulé des mélomanes ivoiriens dans les années 2000.
Hommage à Franco Luambo Makiadi : Bedel Baouna publie « La vie des hommes », un théâtre haletant (Couverture du livre)

Hommage à Franco Luambo Makiadi : Bedel Baouna publie « La vie des hommes », un théâtre haletant

Il y a 30 ans (et 4 mois) s’éteignait le Grand-Maître Franco Luambo Makiadi en Belgique, l’un des papes de le Rumba congolaise moderne. Mais sa mort physique ne sonna pas le glas de son immense œuvre. Bien au contraire, elle reste d’actualité, et plus que jamais vivante. Parmi ses multiples « chroniques sociales », « La vie des hommes ». A coup de phrases dures, Franco y souligne la mécanique du drame, que vit Malelisa, femme au foyer, délaissée par un mari volage, adepte de toutes les marques de bière.
Roman : « Paris la Défonce », une alacrité d’écriture

Roman : « Paris la Défonce », une alacrité d’écriture

« Qu’est-ce que le style ? Une manière compliquée de raconter des choses simples ou une manière simple de raconter des choses compliquées ? » (Jean Cocteau) Elisabeth Ndala, elle, sans détour a opté pour une manière simple de raconter une histoire compliquée. Sa nouvelle, ou plutôt son roman – puisqu’il n’y a pas unité de temps, d’action et de lieu -, « Paris la Défonce », est un enjouement littéraire. Il n’y a pas de dialogues ; ils sont du moins dilués dans le discours narrativisé, comme pour marquer plus de distance.
Le rappeur Akon ©DR

Le rappeur Akon va investir dans un projet écotouristique au Sénégal

Le rappeur Akon a décidé d'investir dans l'écotourisme sur la côte Atlantique au Sénégal, le pays d'origine de sa famille, ont indiqué jeudi des responsables du gouvernement et du secteur. Connu pour ses tubes R&B "Locked Up" ou "Smack That", le chanteur et producteur américano-sénégalais de 46 ans a signé mardi au Sénégal un accord avec la société publique Sapco (Société d'aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal).