Les Comores intégreront la SADC en août

Les chefs d’Etat et de Gouvernement de la SADC lors du sommet de la Double Troïka, à Luanda, Angola. 24 avril 2018. (Twitter/Présidence RDC)

Les Comores intégreront la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) en août, a annoncé lundi le chef de leur diplomatie en expliquant que son gouvernement voulait s'ouvrir aux pays anglophones de la région.

"Nous souhaitons ouvrir les Comores", ancienne colonie française, "aux pays anglophones de la région", notamment la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya, a dit Mohamed Elamine Souef.

"Ce sont des pays avec lesquels nous avons des relations déjà anciennes, mais où les Comoriens se rendent de plus en plus pour affaires ou pour se soigner", a ajouté le ministre lors d'une rencontre avec la presse à Moroni.

Les Comores, archipel pauvre de l'océan Indien, sont déjà membres du Marché commun de l’Afrique de l’Est et Australe (Comesa). Elles seront admises en août dans la SADC, une organisation "dont la plupart des pays membres sont majoritairement anglophones", a-t-il dit.

La SADC regroupe actuellement quinze pays: Afrique du Sud, Angola, Botswana, République démocratique du Congo (RDC), Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Seychelles, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

La SADC a confirmé lundi à l'AFP que les Comores rejoindraient officiellement l'organisation en août. Cette décision avait été approuvée lors d'un sommet de l'organisation en août 2017, a ajouté une porte-parole, Barbara Lopi.

Mohamed Elamine Souef a tenu à préciser que l'intégration des Comores n'était pas liée au conflit qui oppose Moroni à Paris sur la question de l'île de Mayotte, un département français revendiqué par l'Union des Comores.

"La relation" des Comores avec la France, puissance coloniale jusqu'en 1975, "n'est en rien comparable avec celle des autres pays", a-t-il dit. "Avec la France, nous partageons beaucoup de choses en commun. Avec la France nous n'avons qu'une seule divergence, la question de Mayotte", a assuré le ministre.

Les relations entre Paris et Moroni se tendent régulièrement à cause de la crise migratoire à Mayotte.

Depuis mars dernier, Moroni refuse de réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière expulsés de Mayotte, située à quelques dizaines de kilomètres de son territoire. En rétorsion, Paris a gelé la délivrance de visas pour tous les ressortissants comoriens désirant se rendre en France.

"Les négociations avec la France se poursuivent, avec des contacts réguliers, a assuré Mohamed Elamine Souef.

"La France défend ses intérêts, nous défendons les nôtres, c'est un processus assez long. L'important, c'est que le contact n'est pas rompu", a-t-il conclu.

 

Avec AFP