Kenya : le coronavirus met la filière d'exportation de roses à genoux

Des ouvriers dans une ferme horticole de Nakuru (Kenya) le 23 mars 2020. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Entre l'effondrement du marché européen et les restrictions sans cesse plus fortes dans le secteur aérien, sans oublier les mariage et funérailles annulées, c'est un pan très important de l'économie du Kenya qui est affecté.

La floriculture représente pas moins de 2% du PIB du Kenya. Le secteur emploie 250 000 personnes et fait vivre au total 2 millions de Kényans. En outre, la grande majorité des fleurs sont vouées à l’exportation, et le premier marché, de loin, c'est l'Europe. Quasiment les trois quarts, 70%, des fleurs kényanes partent vers le vieux continent via Amsterdam. En Europe, lorsque vous achetez des roses chez votre fleuriste, il y a une chance sur 2 qu’elles proviennent du Kenya. Désormais les exportations sont suspendues et c'est une catastrophe pour le secteur.

Nous exportons tous les jours, sept jours sur sept, toute l'année. Donc ce qui se passe en Europe a un effet immédiat sur notre business.

Clement Tulezi, responsable du Kenya Flower Council

Beaucoup d'horticulteurs kényans n'ont plus rien exporté depuis la première semaine de mars et ont commencé à mettre des travailleurs au chômage technique. C'est ce qu'affirme à la télévision kényane MetropolTV Clement Tulezi, le responsable du Kenya Flower Council, qui chapeaute la filière. "Le secteur souffre beaucoup du manque de liquidités car même si il n'y a plus d'exportations, les rosiers doivent être taillés et les opérations de maintenance doivent continuer", explique Clement Tulezi.

D'autre part, les restrictions du fret aérien sur les produits non-essentiels compliquent l'acheminement des roses vers les régions qui commandent encore, comme le Moyen-Orient.

Des fermes menacées

En raison des mesures de confinement, il n'y a plus aucune commande en provenance d'Europe et d'Amérique. Les fleuristes ont fermé leurs portes et les mariages et enterrements sont limités voire suspendus dans de nombreux pays.

Les fleurs sont aujourd'hui considérées par les consommateurs comme superflues et la baisse des revenus oblige à se concentrer sur les denrées de première nécessité. Les fleurs sont donc les premières à souffrir. Même au-delà de la pandémie de Covid-19, l'industrie des roses va pâtir d'une baisse drastique des commandes à l'avenir et on s'inquiète, au Kenya, de l'impact social de cette pandémie car des fermes horticoles risquent fort de disparaître.