Coronavirus : En Afrique, le secteur privé aide à déjouer les pronostics

En République démocratique du Congo par exemple, l’entreprise du secteur minier MMG Kinsevere a contribué à la lutte

Même à moindre mesure, l’Afrique est elle aussi touchée par une deuxieme vague de la pandémie de Covid-19. Si le continent a été relativement épargné jusqu’à aujourd’hui et enregistre des taux de contamination plus faibles que dans les autres parties du monde, c’est aussi parce que les secteurs publics et privés se sont saisis du problème, dès les débuts de la pandémie. 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé dans la première quinzaine du mois de décembre que le nombre de cas notifiés Covid-19 est désormais en hausse partout dans le monde, en particulier en Europe, où les pays continuent à prendre des mesures pour endiguer la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19.  Avec plus de 23 millions cas et 480 000 déces depuis le début de la pandémie, l’Europe est devancée par les Amériques, qui comptent plus de 31 millions cas et 785 000 morts. Suit ensuite l’Asie, avec plus de 13 millions de cas et 290 000 déces notifiés.  

En comparaison, le Bureau régional de l’OMS indique que l’ensemble du continent africain a recensé plus de 2 millions cas confirmés de Covid-19, dont 50 000 décès et plus de 1,7 millions de guéris. 

Presque un an après le début de la pandémie, le continent africain a déjoué les pronostics les plus pessimistes sur le désastre sanitaire qui devait le frapper. Le taux de létalité global est toujours autour de 2,4 % dans la région, selon le dernier bulletin épidémiologique du Bureau régional Afrique de l’OMS. 

Pour contenir la propagation de l’épidémie, sur le continent, secteurs publics et privés se sont mobilisés dès le début de la crise. Les entreprises ont déployé beaucoup de moyens face au virus, en adoptant les mesures adaptées, en distribuant masques et gels hydroalcoolique, mais également en sensibilisant les populations sur l’importance des gestes barrières pour lutter contre la maladie. 

Le privé africain engagé contre le covid 

Depuis son apparition en Afrique, la crise de la Covid-19 a déclenché une réponse locale sans précédent sur le continent. Elle a donné lieu à un élan de philanthropie de la part des entreprises et de solidarité communautaire. Parmi les exemples à citer, la création du Fonds de solidarité et de la coalition du secteur privé contre la Covid-19 (CACOVID) au Nigeria, fait remarquer Dr Ijeoma Nwagwu, membre de la faculté de leadership et de stratégie en matière de développement durable à l’école de commerce de Lagos. De nombreuses autres initiatives privées sont à saluer à travers le continent, témoignant de cette mise en action de la force d’une entreprise auprès du grand public. 

 

En République démocratique du Congo par exemple,  l’entreprise du secteur minier MMG Kinsevere a contribué à la lutte avec un don d’un montant de 100.000 dollars au bénéfice de la province du Haut-Katanga. Objectif : soutenir le plan de prévention contre la pandémie Covid-19. 

L’entreprise cogolaise aux capitaux chinois a également financé à hauteur de 100%, des ateliers dans la province, dans le but de partager des informations précises avec les parties prenantes sur la prévention du coronavirus. «Six sessions de formation ont été organisées sur trois jours, avec des participants comprenant des membres de la communauté, des dirigeants locaux et des agents de santé. Au total, 127 personnes ont été formées, dont sept chefs de village, 17 agents de santé et bbénévoles et d’autres chefs de communauté autour de l’opération de Kinsevere», explique la société MMG Kinsevere. 

En plus de ces ateliers et de la dotation de deux ambulances à la communauté,  MMG Kinsevere a installé 200 stations de lavage et de désinfection des mains dans les marchés, les écoles et autres lieux publics des villages. Dans ces espaces où la population multiplie les échanges, il est en effet essentiel de venir en soutien au gouvernement en proposant des kits de protection contre la transmission de la Covid-19. 

Mais, malgré les nouvelles politiques et les changements de comportements, l’Afrique n’a pu éviter la deuxieme vague de la pandemie. Tout en reconnaissant les grandes variations du système de santé à travers le continent, il faut, pour ralentir l’expansion exponentielle du virus dans chaque pays, identifier et couper les principales voies de transmission. D’où l’intérêt pour les secteurs publics et privés de redoubler d’efforts et d’être plus vigilants. Et ce, pour éviter que le drame qui touche l’Afrique du Sud, en proie à une nouvelle forme de virus plus contagieuse encore, ne se repande sur tout le continent. De son côté, l’OMS a bon espoir que les pays appliquent des interventions ciblées, pour venir à bout de la Covid 19.

Oeil d'Afrique