Remède contre le coronavirus : "il faut soutenir la démarche malgache par principe" affirme Patrick Mbeko

President malgache Andry Rajoelina

Madagascar dit avoir trouvé un remède contre le coronavirus, le « Covid-Organics », traitement à base de plantes médicinales, mais l’OMS indique pour sa part qu'il n'existe pour l'heure « aucune preuve » que le remède peut « prévenir ou guérir » du coronavirus. Tout le monde en parle, mais le doute subsiste sur l’efficacité du produit. Pour de nombreux Africains en tout cas, le « Covid-Organics » est le « remède miracle » tant attendu, n’en déplaise à l’OMS et aux Occidentaux qui émettent des réserves sur l’efficacité de ce produit préparé à partir d’herbes médicinales, dont Artemisia annua, autrement dit l’artemisia.

De mon point de vue, la démarche malgache doit être soutenue, non pas aveuglement mais par principe. Des études plus poussées doivent être menées pour s’assurer de l’efficacité de ce produit. Quand bien même les vertus curatives de la pharmacopée traditionnelle sont bien connues, il n'en demeure pas moins qu'on est dans le domaine de la science et non du charlatanisme, et c’est de la vie des millions de gens dont il est question ici. Certaines questions ne doivent pas être abordées ni traitées avec émotion et légèreté.

Donc disais-je, il faut soutenir la démarche malgache par principe. Les choses ne sont pas encore très claires. Personnellement, j’accorde le bénéfice du doute aux scientifiques malgaches, mais à la lumière de ce que j’observe, notamment en ce qui a trait aux résultats des tests cliniques relatifs au « Covid-Organics », je me garde de verser dans un triomphalisme hâtif. Les pays africains doivent se mobiliser autour d’une solution africaine. Tous les scientifiques du continent doivent mutualiser leurs efforts pour que du choc des intelligences africaines jaillisse une solution africaine à cette pandémie qui traumatise le monde entier. Madagascar a fait un pas. Il faut poursuivre sur la même lancée en se gardant, du moins pour le moment, de crier sur les toits du monde entier qu’on a le remède miracle. Les choses doivent se faire dans les règles de l’art et avec la plus grande rigueur. Il ne faudrait pas donner aux autres l’impression que les scientifiques africains ne sont pas sérieux. Ça nous prend des « grands sorciers » de la science, des Cheith Anta Diop de la science pharmacologique pour relever le défi. Nous les avons.

Pour le reste, je crois que les Africains ne doivent rejeter ni accepter à l’aveuglette tout ce que dit l’OMS ou les prétendus « grands scientifiques » occidentaux. Il faut juger sur pièce. On prend ce que l’on estime être bon et on rejette ce que l’on estime être problématique. Il faut éviter les postures du genre : l’OMS, ce sont des vilains sorciers. C'est très caricatural. Oui, cette organisation est top politisée pour que l'on ingurgite à l’aveuglette tout ce qu’elle débite. Mais reste que dans certains cas, elle s’est révélée nécessaire.

Idem pour les scientifiques occidentaux qui disent tout et rien. Toujours juger sur pièce, et surtout ne pas se laisser impressionner par des titres pompeux. La science n’a certes pas de parti pris; elle exige la rigueur de la pensée, du calcul et de l’expérimentation. Mais il n’empêche que les scientifiques, eux, restent le produit d’un écosystème et des idéologies qui façonnent la société dans laquelle ils évoluent. Partant de cette réalité, on ne saurait prendre pour argent comptant tout ce que disent les « scientifiques » au nom de la science. Ce serait suicidaire. Hier, il y en a qui ont contribué à l’extermination des « races » jugées « inférieures » au nom de la science. Donc vigilance tous azimuts...

Bref. Dans tout ça, il appartient aux Africains d’être sérieux, rigoureux et de se doter des structures importantes dans le domaine de la recherche scientifique. Faire du bruit, c’est bien. Mais bosser SÉRIEUSEMENT, c’est toujours mieux.

Si le continent s’était doté des centres de recherche dignes de ce nom, ses enfants n’auraient même pas eu à s’interroger sur ce que les autres pensent d’eux. Aujourd’hui, les Chinois, les Russes et d’autres peuples du monde, qui ont privilégié la recherche scientifique aux invectives émotives anti-occidentales, se passent volontiers de ce que pensent l’Occident et ses experts à leur sujet. La pandémie du COVID-19 a montré à la face du monde que certains pays industrialisés, prétendues grandes puissances devant l'Éternel et Allah, ont beaucoup à apprendre des moins puissants qu’eux. Le respect, on l’impose par sa façon d’être et de faire. Parfois on trouve des réponses à l’arrogance des autres dans notre propre comportement. La puissance et le respect s’acquièrent par le sérieux et la rigueur que l’on met dans son travail et ses entreprises.

Aux scientifiques africains de prouver à la face du monde que l’Afrique n’est pas seulement le berceau de l’humanité et de la science, mais que c’est aussi de là que l’assassinat du COVID-19 sera constaté... Pour le plus grand bien d’une humanité traumatisée...

Patrick Mbeko

 

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