RDC: Katumbi cautionne t-il le bilan de Kabila?

Moise Katumbi

C’est l’histoire d’une interview accordée au journal américain Financial Time. C’est également l’histoire du Congo racontée dans les médias occidentaux par un candidat à l’élection présidentielle. Une campagne de communication tout azimut que Moïse Katumbi a bien l’intention de gagner avant le grand rendez-vous devant les congolais. Pourtant une phrase qui lui a semblé anodine vient remettre en cause son combat contre Joseph Kabila.

« Joseph Kabila était un bon Président avant 2016. » affirme l’ex-gouverneur du Katanga dans les colonnes du magazine américain. Une appréciation qui lui est personnelle mais qui risque pour autant de perturber l’image du « principal opposant » qu’il s’emploie à avoir depuis bientôt deux ans. 

En effet, Moise Katumbi a un parcours politique qui nécessite légèrement de voir les angles s’arrondir. Cela lui permettrait d’ être perçu par certains congolais comme « l’homme providentiel ». D’aucuns n’ont réellement oublié les dix années de monsieur Katumbi aux côtés de Joseph Kabila. Membre du bureau politique du PPRD, le principal parti de la majorité présidentielle. Il a également été à la tête de la riche province du Katanga sous l’étiquette du parti présidentiel. 

« Katumbi a-t-il vraiment couper les liens avec Kabila? » s’interrogent une fois les micros coupés certains politiciens congolais. Qu’ils soient de la Majorité Présidentielle ou de l’opposition, ils restent méfiants sur la nature des relations entre ces deux hommes. « Ces deux là jouent au bon et au mauvais mais rien ne peut réellement confirmer leur séparation. » souffle un proche des deux mouvances. 

Les propos de Moise Katumbi dans l’interview américaine rajoute un épais brouillard là où le doute n’a jamais été dissipé. Venter les mérites de Joseph Kabila avant décembre 2016 serait se mettre en position de défenseur du bilan de ce dernier. Que peut-on alors comprendre des propos de monsieur Katumbi? Comment juge t-il la gestion du dossier concernant la sécurisation des frontières de la RD Congo? Les groupes armés ont-ils été vaincus? Qu’en est-il du chômage endémique que connaît le Congo? Que peut-on conclure de la situation sociale des congolais? 

Katumbi n’est pas connu pour être un grand communicant. D’ailleurs, il s’est payé un coaching en  média training pour élever son niveau. Pour faire face aux multiples sollicitations, il a nommé Olivier Kamitatu comme porte-parole, une solution qui lui permet de réduire au maximum cet exercice qu’il affectionne peu. 

Dire que jusqu’au 19 décembre 2016, Joseph Kabila était un bon Président est perçu comme une validation de la gestion du pays ces quinze dernières années. Les indécis, les septiques et les adversaires sauront utiliser cet écart.

Roger Musandji© OEILDAFRIQUE

Videos

Analyses et Opinions

Domingos Simões Pereira / DR

Entretien avec Domingos Simões Pereira : "le mécanisme international de sanctions contre tous ceux qui entravent la loi doit être appliqué"

C’est dans un grand hôtel parisien que le rendez-vous est fixé pour un entretien avec Domingos Simoes Pereira, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle en Guinée-Bissau. En France pour une tournée politico-médiatique, celui qui aurait selon les résultats de la Commission électorale nationale recueilli 46% contre 54% pour Umaro Sissoco 
Azarias Ruberwa Manywa, ministre de la décentralisation en RDC et leader de la communauté Banyamulenge

RDC : Les « Banyamulenge ». Qui sont-ils réellement ?

La question des « Banyamulenge » a toujours suscité des débats passionnés en RDC. Il faut que les Congolais et la Communauté internationale comprennent une chose : ceux qu’on appelle « Banyamulenge » sont des Tutsis rwandais arrivés au Congo suite à la Révolution sociale hutue qui a conduit à la chute de la monarchie tutsie au Rwanda, en 1959.

IRAN vs États-Unis : la colère des Mollahs

Au lendemain de la riposte de Téhéran à l’assassinat du général Qassem Soleimani, Donald Trump a livré un discours dans lequel il a joué l’apaisement, se félicitant du fait que les 22 missiles iraniens tirés sur deux bases américaines en Irak n’avaient fait aucune victime. Pour la plupart des analystes occidentaux, l’Iran voulait tout simplement « bluffer ».
Les congolais refusent la balkanisation de leur pays.

Le projet de balkanisation de la RDC n'est pas une vue de l'esprit

Ces derniers temps, plusieurs personnalités congolaises sont montées au créneau pour attirer l’attention sur le risque de balkanisation de la RD Congo, relançant le débat sur cette thèse. Les Rwandais, par la voix du secrétaire d’État Olivier Nduhungirehe, parlent de « théorie du complot ». Mêmement du côté de CACH et de ses sympathisants devenus foncièrement allergiques à toute critique adressée à leur nouvel allié, Paul Kagame.
Des billets de 5.000, 2.000 et 500 francs CFA, en 2017. — Crédit ISSOUF SANOGO / AFP

F. CFA, ECO et présence française au Sahel: c'est aux Africains de prendre leurs responsabilités


Ce sont les chefs d'État africains qui ont décidé de passer du Franc CFA à l’Éco, mais c'est Emmanuel Macron que certains Africains accusent de tous les maux. Alors qu’il a été décidé que la France ne nommera plus aucun représentant au conseil d'administration et au comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la commission bancaire de l'UMOA, il y a toujours de l’agitation dans l’air.
Felix Tshisekedi face à la diaspora congolaise de France. 12/11/2019 à Paris

Félix Tshisekedi à Paris ou l’image d’un président qui refuse de devenir Président

En écoutant Félix Tshisekedi s’exprimer devant des membres de la diaspora congolaise de France réunis ce 11 novembre à l’hôtel pullman de Paris, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur les facultés intellectuelles et morales de celui qui préside par procuration à la destinée de la RD Congo. En l’écoutant, on a du mal à croire que ce monsieur est le président de tous les Congolais.
Louis Magloire Keumayou © Capture d'écran de France 24

Sommet Russie-Afrique:une rencontre «plus sécuritaire qu’économique» (analyste)

La ville russe de Sotchi va accueillir du 22 au 24 octobre prochain le tout premier sommet Russie-Afrique, une rencontre, certes placée sous le signe du renforcement des relations entre les deux entités, mais qui sera « plus sécuritaire qu’économique », a confié l’éditorialiste camerounais, Louis Magloire Keumayou.