RDC : En décidant de ne pas être candidat à sa propre succession Joseph Kabila consolide la démocratie congolaise.

Le président congolais, Joseph Kabila, lors du conférence de presse, le 26 janvier 2018, à Kinshasa. © REUTERS/Kenny Katombe

Ainsi, va la vie en République démocratique du Congo. Il y a eu le 24 avril 1990 et il y aura désormais le 8 août 2018. De même qu'Il y a eu les Présidents Joseph Kassavubu, Mobutu Sese Seko, Laurent Désiré Kabila , Joseph Kabila, au soir du 23 décembre prochain les Congolais découvriront le nouveau nom de celui qui aura la lourde charge de mener durant les cinq prochaines années la destinée de cette nation. 

Respect de la constitution 

C’est à quelques heures de la clôture du dépôt de candidatures pour la présidentielle que Joseph Kabila a de nouveau démontré qu’il reste le maître des horloges. En effet, le président congolais a fait monté la tension et s’est sans doute amusé des spéculations qui ont animé les rues congolaises et ici et là dans le monde, dans l’attente du choix présidentiel. Emmanuel Ramazani Shadari sera en effet le candidat de la majorité sortante. 

Alors que le choix du dauphin paraissait acté. Les plus septiques voyaient toujours le président congolais aller contre le sens de l’histoire. Pourtant le message de ce président peu enclin avec la communication à outrance n’a jamais changé. « Je respecterais la constitution de mon pays. » disait-il aux journalistes l’interrogeant sur son avenir politique. Lors de ses discours sur l’Etat de la Nation, il avait trouvé une autre formule qui devait pourtant éclairer l’opinion. « Mon sort est scellé par la constitution ». Puis à une journaliste trop instante, il demanda qu’on lui offre la constitution congolaise afin qu’elle trouve la réponse à sa question. À sa famille politique, il avait promis de ne pas les conduire vers « un suicide collectif ».

La démocratie est un long chemin dont le succès repose sur des Hommes capables de s'effacer face à l'intérêt général. En choisissant de ne pas être candidat à sa propre succession, le président congolais Joseph Kabila est en phase de réussir une sortir par la grande porte et léguer aux générations futures l'entrée de la République démocratique du Congo dans le club des pays africains ayant connu une alternance démocratique.

À l’écoute 

« Le dossier de candidature à la présidentielle ne se prépare pas en un jour. À cet instant, le dauphin a déjà été notifié et attend impatiemment l’heure de sa présentation. » écrit sur Twitter le jeune député national Patrick Muyaya. 

Effectivement, Joseph Kabila et les siens ont longuement mûri cette réflexion et le choix d’Emmanuel Ramazani Shadari aura été un des secrets les mieux gardé de la majorité présidentielle.

Le futur départ de Joseph Kabila soulignera la force d’un peuple désirant vivre une réelle démocratie. Il soulignera également le sens du sacrifice des Congolais si souvent montrés du doigt par les ennemis du Congo. Joseph Kabila aura tenu ses engagements et respecté la constitution de son pays. Il aura également fait le choix d'écouter les aspirations congolaises désireuses d'une alternance dans la paix. 

Alors quand dans le camp présidentiel l'heure est à la célébration, les oppositions se félicitent d'un choix qui semblerait leur ouvrir la route de la présidence. Emmanuel Ramazani Shadari, fraîchement porté par Joseph Kabila pour defendre le Front Commun pour le Congo, une plateforme dont ce dernier est l'autorité morale, aura également la lourde charge de défendre le bilan du président congolais. Un bilan contrasté, souvent contesté mais qui ne pourra manquer de souligner l’encrage de "la démocratie électorale" en République démocratique du Congo.

Roger Musandji

Oeil d'Afrique 

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Le président congolais, Joseph Kabila, lors du conférence de presse, le 26 janvier 2018, à Kinshasa. © REUTERS/Kenny Katombe

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