RD Congo: 57 ans de crise de légitimité

Présidents congolais RDC

Le Congo est un pays de crise de légitimité à répétition caractérisée, depuis 1960, par les ruptures des compromis politiques, les coups d'Etat, les régimes dictatoriaux, les élections contestées et par les ingérences extérieures. Malgré les malgré les difficultés qu'éprouve l'élite politique à sortir de cette crise, tous les espoirs ne spas perdus pour autant. L'élite peut encore relever les défis. Mais elle doit, pour prétention à cette possible ambition, se remettre en question et se donner une nouvelle éthique politique. 

LA CRISE DE LÉGITIMITÉ EN BREF

La première crise de légitimité survient le 5 septembre 1960 lorsque le président Joseph Kasa-Vubu, sous pression des pays occidentaux, révoque le premier ministre, le nationaliste Patrice Lumumba, chef de la coalition parlementaire victorieuse de premières élections libres, transparentes et crédibles de mai 1960, supervisées par Ganshof Van Der Mersch, ministre des affaires africaines. Cette révocation entachée de vice de fond et de forme entraîne une crise politique qui se soldera par l’assassinat de Patrice Lumumba et ses compagnons d’infortune au Katanga, le 17 janvier 1961. C’est, en réalité, une révocation qui fait perdre à Joseph Kasa-Vubu sa légitimité. Élu président de la république, par suffrage indirect, grâce à la majorité parlementaire des Lumumbistes, Joseph Kasa-Vubu ne peut se prévaloir d’une légitimité issu d’un compromis politique cassé. Depuis la date de cette révocation suivie du coup d’État de Mobutu du 14 septembre 1960, Joseph Kasa-Vubu est sans légitimité, si ce n’est celle de la forme ou celle fondée sur la violence. Il ne fera rien pour se forger une nouvelle légitimité par la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation de nouvelles élections. Cette première rupture sera suivie par d’autres, attestant ainsi l’incapacité de l’élite congolaise à trouver un compromis politique consensuel, durable et prometteur.

La deuxième crise de légitimité intervient le 24 novembre 1965 par le deuxième coup d’État de Mobutu. Profitant de difficultés du président de la république Joseph Kasa-Vubu et le premier ministre Moïse Tshombe à trouver un compromis politique, après la victoire de ce dernier aux élections de février et avril 1965, Mobutu réédite le scénario du 14 septembre 1960, opère son coup d’État du 24 novembre 1965, pour s’emparer du pouvoir et le conserve jusqu’à sa chute le 17 mai 1997. Et il instaure la dictature de 37 ans, à compter de la date de son premier coup d’État, événement politique qui marque son entrée sur la scène politique congolaise et fait, de lui, le maître de la politique congolaise, conseiller militaire et politique de Joseph Kasa-Vubu. Ce dernier ne peut rien entreprendre sans le consulter, comme le révèle Francis Monheim, le biographe de Mobutu dans son livre ‘Mobutu, l’homme seul’. En réalité, Mobutu a l’éffectivité du pouvoir : il a l’armée à sa solde.

L’autre rupture éclate dans les années 90 par le refus de Mobutu d’accepter Étienne Tshisekedi comme premier ministre élu par la conférence nationale souveraine et de passer avec lui un compromis de partage du pouvoir.

D’autres crises de légitimité suivront, notamment la prise de pouvoir par Laurent-Désiré Kabila par les armes, par les deux élections contestées de 2006 et de 2011, élections et résultats généralement jugés frauduleux et non conformes à la vérité.

Pour ce qui est de la crise de légitimité, le Congo serait-il sous l’influence de la loi des séries ?

Par Joseph Anganda

Videos

Analyses et Opinions

Louis Magloire Keumayou © Capture d'écran de France 24

Sommet Russie-Afrique:une rencontre «plus sécuritaire qu’économique» (analyste)

La ville russe de Sotchi va accueillir du 22 au 24 octobre prochain le tout premier sommet Russie-Afrique, une rencontre, certes placée sous le signe du renforcement des relations entre les deux entités, mais qui sera « plus sécuritaire qu’économique », a confié l’éditorialiste camerounais, Louis Magloire Keumayou.
Des manifestants brandissent des pancartes appelant à libérer Hajar Raissouni, journaliste marocaine condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et relations sexuelles hors mariage, à Rabat, le 2 octobre 2019. (STRINGER / AFP)

Maroc : le collectif des "Hors-la-loi" demande l'arrêt des poursuites liées aux mœurs

Un collectif auteur d'un manifeste "Hors-la-loi" signé par 10 000 personnes a demandé au parquet marocain de suspendre l'application de "lois liberticides" punissant de prison le sexe hors-mariage, l'adultère et l'avortement. Le manifeste des "Hors-la loi" a été publié le 23 septembre au moment du procès d'Hajar Raïssouni, une journaliste condamnée le 30 septembre à un an de prison ferme pour "avortement illégal" et "débauche" (sexe hors mariage) et dont les proches ont dit à l'AFP qu'elle ferait appel. 
Guillaume Soro

Côte d’Ivoire: Guillaume Soro candidat à la présidentielle de 2020

C’était un secret de polichinelle, c’est désormais public. Guillaume Soro est candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020. L’ancien président de l’Assemblée nationale, devenu opposant au régime d’Alassane Ouattara, l’a annoncé lors d’une réunion avec des sympathisants de la diaspora à Valence en Espagne samedi.
Le président français Emmanuel Macron

Macron l’Africain : le soufflé est retombé.

Emmanuel Macron est probablement le président français dont l’élection a suscité un espoir général au sein des populations africaines, toutes générations confondues. Deux ans après, elles sont partagées entre désenchantement et interrogations.
Jérémy Lissouba, Clément Mouamba, et Christel Sassou Nguesso © Oeildafrique.com

Congo - Jérémy Lissouba : s’en prendre à Clément Mouamba, c’est bien ; à Christel Sassou-Nguesso, c’est mieux

Les réseaux sociaux l’encensent, le chérissent. De pestiféré, le député UPADS de Dolisie, Jérémy Lissouba, est devenu en un instant le chouchou des Congolais pour avoir bousculé le premier ministre Clément Mouamba. Décryptage.
Felix Tshisekedi sur France 24.

Interview exclusive de Felix Tshisekedi sur France 24 et RFI, la presse congolaise ne mérite pas ça.

Sept mois d'attente pour finalement aller chercher la parole présidentielle dans un média occidental et non national. Après tous ces mois de silence, le nouveau président congolais Felix Tshisekedi a surpris par son choix. Il a réservé sa première sortie médiatique à France 24 et à RFI. Et la presse nationale tant en ébullition depuis plusieurs années ? Elle devra attendre que France Média Monde ait vidée les questions d'actualité.
Photo : @Presidence_RDC/Twitter

Pourquoi Sylvertre Ilunga Ilunkamba a été désigné Premier Ministre en RDC ?

LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO A ENFIN UN NOUVEAU PREMIER MINISTRE DEPUIS LE 20 MAI. SON NOM : SYLVESTRE ILUNGA ILUNKAMBA. MAIS POURQUOI LUI ET POUR QUOI FAIRE ? TENTATIVES DE RÉPONSE.