Réponse à ceux qui n’aiment pas la France

Vue de l'avenue des Champs Elysée, Paris | France

Devais-je en 2015, manifester place de la Republique et être « Charlie » pour être reconnu comme un « vrai » français? Aurais-je dû battre le pavé sur les Champs Elysée, ce 9 décembre, pour dire au revoir à Johnny Hallyday, l’idole des jeunes, devenus depuis des cinquantenaires, afin de prouver mon attachement à la France?

Je n’ai jamais été lecteur de Charlie Hebdo. Je ne suis pas de ceux qui se cachent derrière une forme de presse décidée à s’acharner, à stigmatiser une population, mener une lutte idéologique, imposée une pensée le tout dissimulé sous la casquette de la satire.

Tout comme je ne suis pas fan de Charlie Hebdo, je ne suis pas non plus fan de la musique de Johnny Hallyday. J’ai comme beaucoup eu à écouter au passage, à la radio ou à la télévision les tubes de Johnny, mais je n’ai jamais aimé ce qu’il chantait. J’ose espérer que j’ai encore le droit d’avoir un avis sur la qualité de la musique que nous proposait monsieur Hallyday.

Dire cela, ne m’empêche nullement d’avoir une pensée profonde pour les familles des victimes de l’attaque contre Charlie Hebdo et celle de Johnny Hallyday. Que leurs âmes reposent en paix.

Alors que penser de ceux qui n’ont pas été place de la madeleine? Que dire de cette France « black-blanc-beur » qui n’a pas colorée les images des chaînes de télévisions?

Cette France est celle qui a permis aux chaînes de battre des records d’audiences. Elle a accompagné la star qu’était Johnny en silence, dans le recueillement. Cette France que d’autres voudraient la limitée au 9-3 n’a pas besoin de chanter « Allumer le feu », « Le Pénitencier » ou « Marie » pour obtenir une soit disante reconnaissance de l’assimilation de la culture française.

Nous, les Nzanza, les Nguyen, les Mohamed, les Nzuzi, les Djibril, les Aymeric, les Pierre... avons choisi de ne pas profiter de la peine d’une famille pour faire comme les vautours de la bien-pensante, alors que le corps de Johnny n’est pas encore mis en terre. Nous ne sommes pas partisans de la haine.

Roger Musandji Nzanza

 

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