Paul Kagame, les migrants subsahariens de Libye et l’Afrique

Paul Kagame et Benjamin Netanyahu

Les images de migrants subsahariens vendus comme esclaves en Libye ont suscité l’indignation sur le continent africain. Quelques jours après la diffusion de ces images d'horreur, le Rwanda a annoncé vouloir accueillir près de 30 000 migrants sur son territoire. Si certains observateurs ont salué l’initiative, d’autres se sont montrés plus prudents et se sont interrogés sur le sens de cette annonce. Le Rwanda est un petit pays qui connaît une forte pression démographique, et depuis près de 20 ans maintenant, des dizaines de milliers de réfugiés rwandais, pour la plupart hutus, errent dans les pays de la région sans que cela n’émeuve outre mesure le régime de Kigali. Comment interpréter l’annonce concernant les migrants africains? Que cache-t-elle? S’agit-il d’une simple opération de communication, comme nous a habitué le régime ? 

En tout cas, on est en droit de s’interroger sur la sincérité de la générosité affichée par le régime à l’heure où le Rwanda est pointé du doigt à l’ONU pour son recours systématique à la torture.

Rappelons que Paul Kagame, l’autocrate qui dirige le Rwanda dans la violence, est le seul dirigeant africain à avoir soutenu ouvertement le bombardement de la Libye par l’OTAN. Rappelons aussi qu’il refuse à des dizaines de milliers de Rwandais, pour la plupart hutus, le droit de retourner chez eux, au Rwanda. 

Au moment où les Africains s’indignaient et manifestaient pour dénoncer le traitement réservé à leurs frères et sœurs en Libye, la presse israélienne révélait l’existence d’un accord secret conclu entre l’État hébreu et le Rwanda sur le renvoi vers Kigali de migrants africains bloqués en Israël, auquel le pays refuse systématiquement le statut de réfugiés politiques. Ils sont près de 40 000 « infiltrés », selon l’expression courante en Israël, originaires d’Érythrée et du Soudan du Sud. Ils représentent une main-d’œuvre à bas prix mais quasiment sans droits. L’État hébreu a décidé de renvoyer tous ces gens au Rwanda moyennant le somme de 3500$ par tête et 5000$ pour Paul Kagame himself. Pour le numéro un rwandais, tous les moyens sont donc bons pour se remplir les poches : le pillage des ressources naturelles de la RDC et maintenant le trafic des migrants africains ─ étonnant pour un dirigeant qui se veut panafricain.

Une fois renvoyés au pays des mille collines, ces pauvres migrants sont accueillis par un représentant local de l’État hébreu qui confisque leurs documents de voyage, avant de les installer dans un hôtel de la place pendant quelques jours. Pis, les autorités rwandaises les poussent à quitter le pays puisqu'ils sont en situation irrégulière. Tout cela se passe loin des regards indiscrets et des caméras.

Quid des migrants que le Rwanda prétend vouloir accueillir chez lui?

L’annonce du gouvernement rwandais peut être interprétée de deux manières : soit le régime, craignant d’être critiqué après les révélations de l’entente secrète avec Israël, a décidé de lancer une opération de com (en faisant l’annonce) pour s’attirer les sympathies des populations africaines; ou alors le régime espère utiliser ces migrants pour atteindre d’inavouables desseins dans cette région meurtrie d’Afrique centrale. Dans tous les cas, avec le Rwanda de Paul Kagame, la méfiance doit être de mise.

Depuis son arrivée à la tête du Rwanda à la faveur d’un génocide qu’il a habilement orchestré avec le soutien de ses parrains anglo-américains et israéliens, Paul Kagame joue le rôle de sous-traitant que ses parrains attendent de lui. «Grâce» à lui, l’axe anglo-américain a investi l’Afrique centrale et l’État raciste d’Israël consolide sa pénétration sur le continent africain. « Le président Kagame est l'un des architectes de la stratégie qui permet à Israël de renouveler ses relations avec les États africains. C’est grâce à lui que plusieurs pays africains votent maintenant en faveur d'Israël et se rapprochent de nous » a déclaré Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. L’annonce de son arrivée à la tête de l’Union africaine a été très bien accueillie par l’État hébreux. Allez-y comprendre pourquoi... 

Ceux qui, en Afrique, n’ont pas encore compris pourquoi les médias occidentaux encensent cet homme, doivent ouvrir les yeux et faire l’effort de comprendre le film réalisé par les producteurs anglo-américains et israéliens qui ont fait de Paul Kagame l’acteur principal de leurs stratégies sur le continent africain...

 

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