Maroc : le collectif des "Hors-la-loi" demande l'arrêt des poursuites liées aux mœurs

Des manifestants brandissent des pancartes appelant à libérer Hajar Raissouni, journaliste marocaine condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et relations sexuelles hors mariage, à Rabat, le 2 octobre 2019. (STRINGER / AFP)

Un collectif auteur d'un manifeste "Hors-la-loi" signé par 10 000 personnes a demandé au parquet marocain de suspendre l'application de "lois liberticides" punissant de prison le sexe hors-mariage, l'adultère et l'avortement. Le manifeste des "Hors-la loi" a été publié le 23 septembre au moment du procès d'Hajar Raïssouni, une journaliste condamnée le 30 septembre à un an de prison ferme pour "avortement illégal" et "débauche" (sexe hors mariage) et dont les proches ont dit à l'AFP qu'elle ferait appel.

 

Démarche sans précédent au Maroc, les signataires du manifeste des "Hors-la-loi" proclament avoir déjà violé les lois "obsolètes" de leur pays sur les mœurs et l’avortement.

 

Le collectif a envoyé le 14 octobre une lettre au procureur général du roi près la cour de cassation et président du ministère public pour demander la suspension de l'application de ce qu'il considère comme des "lois liberticides".

 

"Lois liberticides"

 

"C'est le procureur (général) qui a le pouvoir d'adresser une circulaire immédiate aux procureurs pour suspendre les poursuites", a expliqué à l'AFP Sonia Terrab, une réalisatrice marocaine à l'origine du manifeste corédigé par la romancière franco-marocaine Leïla Slimani.

Les "Hors-la-loi" demandent aussi à la Haute autorité audiovisuelle et aux médias publics de prévoir un programme de "débat sur les libertés individuelles au Maroc" avec des députés, des représentants de la société civile, des acteurs politiques, artistes et intellectuels.

 

"Hors-la-loi"

 

Le collectif espère rassembler assez de signatures pour donner du poids à sa demande de suppression des lois visées, selon la même source, au moment où un projet de révision du code pénal est en cours de débat au parlement.

Le manifeste portait initialement 490 signatures, en référence à l'article 490 du code pénal marocain qui punit de prison les relations sexuelles hors mariage. Il estime que "ces lois, liberticides et inapplicables, sont devenues des outils de vengeance politique ou personnelle".

 

600 à 800 avortements clandestins par jour

 

En 2018, la justice marocaine a poursuivi 14 503 personnes pour débauche, 3048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortement, selon les chiffres officiels. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations.

Un autre collectif composé de plusieurs associations de défense des droits humains prépare de son côté un mémorandum appelant les législateurs à dépénaliser, entre autres, "les relations sexuelles entre majeurs consentants, l'avortement, l'homosexualité et la rupture du jeûne pendant le mois de ramadan", actuellement passibles de prison.

 

AFP

Videos

Analyses et Opinions

Felix Tshisekedi face à la diaspora congolaise de France. 12/11/2019 à Paris

Félix Tshisekedi à Paris ou l’image d’un président qui refuse de devenir Président

En écoutant Félix Tshisekedi s’exprimer devant des membres de la diaspora congolaise de France réunis ce 11 novembre à l’hôtel pullman de Paris, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur les facultés intellectuelles et morales de celui qui préside par procuration à la destinée de la RD Congo. En l’écoutant, on a du mal à croire que ce monsieur est le président de tous les Congolais.
Louis Magloire Keumayou © Capture d'écran de France 24

Sommet Russie-Afrique:une rencontre «plus sécuritaire qu’économique» (analyste)

La ville russe de Sotchi va accueillir du 22 au 24 octobre prochain le tout premier sommet Russie-Afrique, une rencontre, certes placée sous le signe du renforcement des relations entre les deux entités, mais qui sera « plus sécuritaire qu’économique », a confié l’éditorialiste camerounais, Louis Magloire Keumayou.
Des manifestants brandissent des pancartes appelant à libérer Hajar Raissouni, journaliste marocaine condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et relations sexuelles hors mariage, à Rabat, le 2 octobre 2019. (STRINGER / AFP)

Maroc : le collectif des "Hors-la-loi" demande l'arrêt des poursuites liées aux mœurs

Un collectif auteur d'un manifeste "Hors-la-loi" signé par 10 000 personnes a demandé au parquet marocain de suspendre l'application de "lois liberticides" punissant de prison le sexe hors-mariage, l'adultère et l'avortement. Le manifeste des "Hors-la loi" a été publié le 23 septembre au moment du procès d'Hajar Raïssouni, une journaliste condamnée le 30 septembre à un an de prison ferme pour "avortement illégal" et "débauche" (sexe hors mariage) et dont les proches ont dit à l'AFP qu'elle ferait appel. 
Guillaume Soro

Côte d’Ivoire: Guillaume Soro candidat à la présidentielle de 2020

C’était un secret de polichinelle, c’est désormais public. Guillaume Soro est candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020. L’ancien président de l’Assemblée nationale, devenu opposant au régime d’Alassane Ouattara, l’a annoncé lors d’une réunion avec des sympathisants de la diaspora à Valence en Espagne samedi.
Le président français Emmanuel Macron

Macron l’Africain : le soufflé est retombé.

Emmanuel Macron est probablement le président français dont l’élection a suscité un espoir général au sein des populations africaines, toutes générations confondues. Deux ans après, elles sont partagées entre désenchantement et interrogations.
Jérémy Lissouba, Clément Mouamba, et Christel Sassou Nguesso © Oeildafrique.com

Congo - Jérémy Lissouba : s’en prendre à Clément Mouamba, c’est bien ; à Christel Sassou-Nguesso, c’est mieux

Les réseaux sociaux l’encensent, le chérissent. De pestiféré, le député UPADS de Dolisie, Jérémy Lissouba, est devenu en un instant le chouchou des Congolais pour avoir bousculé le premier ministre Clément Mouamba. Décryptage.
Felix Tshisekedi sur France 24.

Interview exclusive de Felix Tshisekedi sur France 24 et RFI, la presse congolaise ne mérite pas ça.

Sept mois d'attente pour finalement aller chercher la parole présidentielle dans un média occidental et non national. Après tous ces mois de silence, le nouveau président congolais Felix Tshisekedi a surpris par son choix. Il a réservé sa première sortie médiatique à France 24 et à RFI. Et la presse nationale tant en ébullition depuis plusieurs années ? Elle devra attendre que France Média Monde ait vidée les questions d'actualité.