Les puissances européennes sont-elles uniques responsables de tous les maux que nous connaissons aujourd’hui?

S’il est vrai que le découpage politique du continent africain au 19è siècle correspondait davantage aux ambitions hégémoniques des puissances européennes qu’aux identités et solidarités des populations locales, peut-on, près de 56 ans après les indépendances, le rendre responsable de tous les maux que nous connaissons aujourd’hui?

Le discours de certains frères africains attribuant au tracé actuel des frontières la responsabilité des maux auxquels l’Afrique est confrontée ne sert-il pas à dédouaner les Africains de leurs responsabilités dans ce qui leur arrive? Certains prétendent qu’on pourrait régler de tas de problèmes si on abolissait ces frontières artificielles. Mais comment croire à un tel discours quand on sait que plusieurs pays africains sont confrontés à des problèmes au sein même de leurs frontières? En quoi l’abolition des frontières réglerait-elle les rivalités opposant les hutus aux tutsis du Rwanda par exemple? Ces frontières artificielles sont-elles à l’origine de la sécession katangaise?

À entendre les tenants de ce discours, c’est comme si les autres continents n’avaient jamais connu le même problème de tracé. Que d’insister sur la révision des frontières héritées de la colonisation, ne peut-on pas simplement commencer par reconsidérer les rapports avec les autres pays frères sur des bases nouvelles, en facilitant par exemple la mobilité des biens et des personnes? Il est aujourd’hui facile pour un Occidental de se rendre dans un pays africain qu’un Africain lui-même? Il y a des pays africains où un citoyen occidental peut se rendre sans visa, alors que des Africains sont obligés d’en avoir un avant de passer la frontière! Est-ce la faute des frontières héritées de la colonisation lorsque des Congolais de Brazzaville tuent gratuitement leurs frères du Congo-Kinshasa?

Que de constamment accuser les colons et ces frontières artificielles qu’ils nous ont légués, ne devrions-nous pas commencer par nous demander quelle est notre part de responsabilité dans tout ce merdier et y remédier? Loin de moi l'idée de légitimer cette entreprise coloniale, mais au regard de ce que nous vivons aujourd'hui, des questions sur notre responsabilité doivent être posées...

 

Patrick Mbeko 

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