Le grand péché de Donald Trump n’est pas son côté raciste, mais bien ses «carences» sur le plan communicationnel

Donald Trump et Barack Obama, le jour de leur passation de pouvoir, le 20 janvier 2017

Les propos de Donald Trump sur Haïti et les pays africains ─ « des pays de merde » aurait-il déclaré ─ ont suscité un torrent d’indignation à travers le monde, et on peut le comprendre. Mais ce qui est frappant, c’est que pas grand monde ne s’indigne lorsque les Noirs sont abattus comme des lapins par la police blanche américaine; pas grand monde ne s'est indigné lorsque 120. 000 Libyens ont été tués par les «bombes démocratiques» de l'OTAN en 2011; personne ne s’est indigné lorsque des milliers de pauvres Afghans et Pakistanais ont été gratuitement fauchés par les drones de Barack Obama; personne ne s’est indigné devant les millions de morts que l’on a dénombrés au Congo depuis 1996 à cause du clan Clinton et des extrémistes tutsis dirigés par Paul Kagame.

En clair, personne ne s’indigne aussi longtemps que le cartel médiatique ne donne pas le feu vert. Contrairement à ce que l’on peut penser, le grand problème de Donald Trump, son plus grand péché, ce n’est pas son côté raciste, idiot et/ou narcissique, mais bien ses «carences» sur le plan communicationnel. En effet, nous sommes dans un monde où la posture, le paraître compte plus que tout; où tout ou presque est affaire de symboles et d’images; où on ne parle plus, mais on communique; où la communication a remplacé le « parler vrai » et tout ce qui s'apparente au «politiquement incorrect».

Bref, nous sommes dans un monde de ruse et de tromperies permanentes. Ce n’est pas ce qu’on dit de mal qui choque, mais la manière de le dire; ce ne sont pas les actions abominables qui suscitent l’indignation, mais la façon dont on les présente. Ainsi, un groupe d’individus qui flingue des journalistes français racistes est plus condamnable que des autorités françaises qui balancent des milliers de bombes sur la tête d’enfants et de femmes libyens, au prétexte de les sauver d’une dictature prétendument sanguinaire. Un Barack Obama qui, après avoir ordonné l’assassinat d’enfants pakistanais et propagé le chaos en Syrie, sillonne les rues de Washington DC à pieds, prenant des photos tout sourire avec les passants, est acclamé pour son côté « cool »; un Paul Kagame qui présente la ville propre de Kigali, après avoir joyeusement exterminé des millions de Rwandais et de Congolais, est envié et qualifié de «leader visionnaire», etc.

En fait, Donald Trump n’a pas encore compris que le monde d’aujourd’hui adore les hypocrites et les mystificateurs et ne supporte pas ceux qui disent ce qu’ils pensent; il n’a pas encore compris que l’indignation des esprits lobotomisés dépend du bon vouloir du cartel médiatique; il ne réalise toujours pas qu’une bonne opération de com permet d’occulter ce que nous avons de plus répugnant et de nous faire aimer du bon monde qui ne demande qu’à être entubé; il ne semble toujours pas comprendre qu’on peut être foncièrement raciste comme l’Amérique, profondément ignoble et sanguinaire comme le duo Obama-Clinton, et être adulé quand même quand on sait faire du Obama clintoridienne.

Bref, il n'a pas compris qu'il faut prendre un peu de lait nsambarisé pour comprendre le fonctionnement de ce drôle de monde. C'est un cancre qui ne comprend que ses propres sottises...

Videos

Analyses et Opinions

Domingos Simões Pereira / DR

Entretien avec Domingos Simões Pereira : "le mécanisme international de sanctions contre tous ceux qui entravent la loi doit être appliqué"

C’est dans un grand hôtel parisien que le rendez-vous est fixé pour un entretien avec Domingos Simoes Pereira, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle en Guinée-Bissau. En France pour une tournée politico-médiatique, celui qui aurait selon les résultats de la Commission électorale nationale recueilli 46% contre 54% pour Umaro Sissoco 
Azarias Ruberwa Manywa, ministre de la décentralisation en RDC et leader de la communauté Banyamulenge

RDC : Les « Banyamulenge ». Qui sont-ils réellement ?

La question des « Banyamulenge » a toujours suscité des débats passionnés en RDC. Il faut que les Congolais et la Communauté internationale comprennent une chose : ceux qu’on appelle « Banyamulenge » sont des Tutsis rwandais arrivés au Congo suite à la Révolution sociale hutue qui a conduit à la chute de la monarchie tutsie au Rwanda, en 1959.

IRAN vs États-Unis : la colère des Mollahs

Au lendemain de la riposte de Téhéran à l’assassinat du général Qassem Soleimani, Donald Trump a livré un discours dans lequel il a joué l’apaisement, se félicitant du fait que les 22 missiles iraniens tirés sur deux bases américaines en Irak n’avaient fait aucune victime. Pour la plupart des analystes occidentaux, l’Iran voulait tout simplement « bluffer ».
Les congolais refusent la balkanisation de leur pays.

Le projet de balkanisation de la RDC n'est pas une vue de l'esprit

Ces derniers temps, plusieurs personnalités congolaises sont montées au créneau pour attirer l’attention sur le risque de balkanisation de la RD Congo, relançant le débat sur cette thèse. Les Rwandais, par la voix du secrétaire d’État Olivier Nduhungirehe, parlent de « théorie du complot ». Mêmement du côté de CACH et de ses sympathisants devenus foncièrement allergiques à toute critique adressée à leur nouvel allié, Paul Kagame.
Des billets de 5.000, 2.000 et 500 francs CFA, en 2017. — Crédit ISSOUF SANOGO / AFP

F. CFA, ECO et présence française au Sahel: c'est aux Africains de prendre leurs responsabilités


Ce sont les chefs d'État africains qui ont décidé de passer du Franc CFA à l’Éco, mais c'est Emmanuel Macron que certains Africains accusent de tous les maux. Alors qu’il a été décidé que la France ne nommera plus aucun représentant au conseil d'administration et au comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la commission bancaire de l'UMOA, il y a toujours de l’agitation dans l’air.
Felix Tshisekedi face à la diaspora congolaise de France. 12/11/2019 à Paris

Félix Tshisekedi à Paris ou l’image d’un président qui refuse de devenir Président

En écoutant Félix Tshisekedi s’exprimer devant des membres de la diaspora congolaise de France réunis ce 11 novembre à l’hôtel pullman de Paris, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur les facultés intellectuelles et morales de celui qui préside par procuration à la destinée de la RD Congo. En l’écoutant, on a du mal à croire que ce monsieur est le président de tous les Congolais.
Louis Magloire Keumayou © Capture d'écran de France 24

Sommet Russie-Afrique:une rencontre «plus sécuritaire qu’économique» (analyste)

La ville russe de Sotchi va accueillir du 22 au 24 octobre prochain le tout premier sommet Russie-Afrique, une rencontre, certes placée sous le signe du renforcement des relations entre les deux entités, mais qui sera « plus sécuritaire qu’économique », a confié l’éditorialiste camerounais, Louis Magloire Keumayou.