France: François Fillon l’Africain ou l’arroseur arrosé

François Fillon

François Fillon reste candidat à l’élection présidentielle bien qu’une mise en examen lui sera notifiée le 15 mars prochain. Tel un politicien Africain, le candidat des « Les Républicains » revient sur son engagement à ne pas être candidat en cas de mise en examen. 

 

Le feuilleton des possibles emplois fictifs des attachés parlementaires de François Fillon continue de perturber la campagne présidentielle. Celui qui s’était déjà vu vainqueur au soir du 7 mai parait de plus en plus ébranlé par les affaires. Mais le candidat refuse de se laisser « piéger » par « une enquête à charge« .  » Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas« , a déclaré François Fillon. 

 

A l’instar des autorités africaines qui refusent systématiquement de reconnaitre le mal qu’ils font à leur pays, à leur famille, à la politique, à leur parti, François Fillon va continuer à faire campagne, loin des français, Loin des concerts de casseroles à chaque réunion publique. 

 

Le 26 janvier dernier, sur le plateau du journal télévisé de TF1, première chaîne française, François Fillon avait été clair: « Il n’y a qu’une seule chose qui m’empêcherait d’être candidat, c’est si mon honneur était atteint, si j’étais mis en examen. » Alors qu’attend t-il pour respecter ses engagements? L’héritier politique de Phillipe Seguin, Fillion a perdu ses repères. Pour Nicolas Sarkozy : « Il est complètement paumé… Il m’a harcelé de questions sur ce qu’il devait faire, c’est tout juste s’il ne prenait pas de notes » confie l’ancien président à un proche après avoir déjeuné avec Fillion. 

 

Fillon l’Africain a perdu le sens des réalités. Il ne comprend plus les attentes des français. L’essentiel est de prendre le pouvoir, ralentir la justice. Mettre un arrête totale à la procédure durant cinq ans ou dix en cas de deux mandats. Doit-on lui rappeler que les mots ont un sens? 

 

Tout comme certains dirigeants africains qui bafouent les règles élémentaires de la démocratie, il a choisi d’ignorer la parole donnée. Il a choisi de passer outre une règle inventée par lui-même. Fillon l’Africain aurait-il fait du fameux « j’y suis, je reste » pratiqué par les politiques africains, sa nouvelle ligne politique? 

 

En Afrique, les constitutions sont régulièrement revisitées afin de coller à l’avenir politique du président en place. Des présidents limités par le nombre de mandat usent de stratagèmes afin de se maintenir au pouvoir. C’est également le spectacle proposé par François Fillon. 

 

Fillon l’Africain est candidat à l’élection présidentielle. Président de la République, il sera le garant des institutions. Pourtant, il s’emploi à dénoncer avec violence les magistrats. Il remet en cause l’état de droit. A croire que la France s’inspire désormais de ces pays africains qui souillent la démocratie pour des intérêts personnels. François Fillon semble ne pas comprendre que les hommes politique ne sont pas au dessus des lois. Il aurait surement aimé que la justice autonome, libre, accélère la procédure contre Nicolas Sarkozy, comme il l’avait fait savoir à Jean-Pierre Jouyet secrétaire général de l’Elysée sous François Hollande.  

 

« Ce n’est pas de moi qu’il s’agit mais de vous. »dit François Fillon. Qui peut croire que les français peuvent s’identifier à une famille qui a bénéficié de près d’un million d’euros d’argent public? Fillon l’Africain croit comme ces amis à la tête de certains pays que devenir millionnaire tout en demandant au peuple de se serrer la ceinture est la norme. Lorsque ces pouvoirs ne sont plus en odeur de sainteté à l’international, ils dénoncent l’ingérence. La lutte contre le néocolonialisme devient soudainement prioritaire.   

Le soucis, avec cette stratégie d’identification, est que le peuple lui est resté dans la réalité. Plongé dans le chômage de masse, difficultés à boucler les fins de mois et l’absence d’espérance éloignent de  Fillon  ce peuple qu’il voudrait associer à son combat. 

 

Les autorités françaises sont passées maître dans l’art de donner des leçons. François Fillon en est également la représentation. Ils exigent de l’Afrique des élections calmes et transparentes. Mais Fillon l’Africain oubli que cette clarté doit s’appliquer à tous les acteurs politiques. 

 

Roger Musandji Nzanza

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