Franc CFA: Après Alpha Condé, le président tchadien Idriss Deby entend aussi couper le cordon ombilicale

Le président tchadien Idriss Déby Itno

Les pays de la zone CFA vont-ils enfin avoir une souveraineté monétaire? C’est le souhait de plusieurs africains qui voient depuis quelques jours plusieurs autorités rejoindre leur position. Après le président de la Guinée Conakry, Alpha Condé, c’est le Tchadien Idriss Deby qui prend également exprime son souhait de voir les 14 pays de la zone CFA ne plus dépendre du Trésor français.  

Peut-on être un pays souverain lorsque votre politique monétaire est décidée par un autre? La réponse ne souffre d’aucune difficulté. Pourtant, la zone CFA reste depuis les indépendances sous la direction de la France. D’aucuns pensent que pour rester à la tête d’un des pays de la zone, il faut savoir laisser dans les tiroirs certains dossiers. Et le Franc CFA en est un.  

 

Bien que cela soit une affaire sensible, plusieurs présidents dont Alpha Condé de la Guinée et Idriss Deby du Tchad ont décidé de prendre le pari de réclamer la souveraineté monétaire du CFA et voir la France quitter les conseils d’administrations des banques centrales qui gèrent le franc CFA (BCEAO, BEAC, etc.). En effet, même en présence d’une majorité d’africains sans au moins 1 ou 2 voix de ces administrateurs français aucune décision ne peut être prise. «  Un droit de veto qui confère à la France le contrôle total sur le franc CFA » selon  le conférencier  Nicolas Agbohou, auteur de l’ouvrage Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique. 

Pour ce faire il faudra comme l’a réclamé le Président Condé « couper le cordon ombilicale avec l’ancienne puissance colonial. »  

 

Du côté du Tchad, la demande est très claire et va bien plus loin encore.  » Les Africains ne veulent plus de la Francafrique. Les Français n’en veulent pas non plus. » Puis d’expliquer l’intérêt de l’existence du Franc CFA.  » le seul intérêt qu’il y a, c’est que la zone compte 14 pays. C’est une chance et il ne faudrait pas qu’il y ait une disparité de monnaies. Il faut que les 14 pays restent regrouper, renégocier la monnaie Franc CFA pour que cette monnaie devienne réellement une monnaie de ces pays. Et que le Trésor français ne gère pas notre monnaie. Et que nous en tant que pays souverain, nous gérions notre monnaie nous-mêmes. Avec nos banques centrales. Comment voulez-vous que l’Afrique francophone se construise dans cette situation? » 

 

Roger Musandji Nzanza  Oeil D’Afrique 

 

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