Entretien avec Domingos Simões Pereira : "le mécanisme international de sanctions contre tous ceux qui entravent la loi doit être appliqué"

Domingos Simões Pereira / DR

C’est dans un grand hôtel parisien que le rendez-vous est fixé pour un entretien avec Domingos Simoes Pereira, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle en Guinée-Bissau. En France pour une tournée politico-médiatique, celui qui aurait selon les résultats de la Commission électorale nationale recueilli 46% contre 54% pour Umaro Sissoco Embalo, ne décolère pas et refuse de « tourner le dos » aux menaces lancées par son adversaire. Interview.

Oeil d'Afrique : Umaro Sissoco prévoit son investiture pour le 27 février prochain. Que comptez-vous faire face à cela ?

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Domingos Simões Pereira : Je pense que le simple fait qu’un candidat à l’élection présidentielle se met à remplacer les institutions de la république, et c’est lui qui fixe les résultats et la date de l’investiture est la démonstration de sa position qui est tout simplement le non-respect des lois de la république.

La cours suprême du pays a refusé de prononcer l’annulation du scrutin. L’arrêt de la plus haute juridiction a parlé de vérification des procès verbaux et non de recompte des voix. 

Notre demande initiale a été le re-comptage des voix. La demande d’annulation est venu par la suite. Nous nous sommes félicités de voir la cours suprême parler de vérification. Ce qui d’ailleurs va exactement dans le sens de notre demande. Il est vrai que nous sommes lusophones et cela peut parfois poser des difficultés lors des traductions. La cours parle de « dépouillement, depuis le début, non interrompu ». Comprenez que la loi prévoit qu’on ne peut interrompre le comptage des voix jusqu’à la signature des procès-verbaux des voix. Comprenez que la loi prévoit qu’on ne peut interrompre le comptage des voix jusqu’à la signature des procès-verbaux des voix. Par le re-comptage des voix, nous pourrons facilement connaître le vœux du peuple de la Guinée-Bissau. 

Aujourd’hui, il a une opposition entre la Commission électorale nationale (CEN) et la Cours suprême. D’ailleurs, la CEDEAO a menacé de sanctions contre tous les acteurs qui n’agiraient pas dans le sens de la normalisation politique et institutionnelle.

Nous saluons cette position qui rejoint notre position. Ce mécanisme international d’appliquer des sanctions à ceux qui entravent la loi et accueillir favorablement. Je suis légaliste et je tiens à ce que nos institutions disent la vérité à nos concitoyens. Aujourd’hui, je suis à Paris parce que je dois expliquer aux institutions internationales ce qui se passe dans mon pays. Mais bien avant de venir ici, j’ai fait le nécessaire afin que les institutions nationales, elles seules ont le dernier mot puissent nous dire en toute transparence qui a obtenu le maximum de voix des bissao-guinéen. 

Plusieurs observateurs dénonce ce qui semble être un parti pris de la part du président sénégalais Macky Sall. Il soutient clairement Umaro Sissoco. Comment compreniez-vous le message politique du Sénégal ?

Je pense que le Sénégal devait attendre que les institutions bissao-guinéenes tranchent sur les résultats. Nous ne comprenons pas le parti pris du Président Macky Sall. Pourtant, il est parfaitement informé du contentieux électoral qui existe dans notre pays. Le Sénégal n’est pas n’importe quel pays pour les bissao-guinéens. Nous devons travailler sur la pérennisation des bonnes relations de voisinage entre nos deux pays. Cela dit nous ne pouvons accepter que le président sénégalais affirme qu’il a un agenda pour la Guinée Bissau. 

Umaro Sissoco Embalo affirme qu’il fera la guerre s’il ne pas reconnu vainqueur de la présidentielle. La Guinée Bissau peut-elle encore supporté une énième crise politique ?

En face d’une menace, nous sommes prêts à mettre en cause notre liberté. Je ne tournerais pas le dos en face d’une menace. Je viens d’un pays qui a obtenu sa liberté par le sacrifice des vies humaines. Je considère que tout ce que j’ai aujourd’hui, ma vision du monde, ma formation, vient de la conquête de notre indépendance et de notre liberté. Je suis rentré dans mon pays pour contribuer à son essor, lutter, bâtir un pays de paix et de stabilité ou la démocratie peut fonctionner. Si tous les préalables sont respectés et que les instances compétentes venaient à déclarer mon adversaire nouveau président de la Guinée-Bissau alors dans ce cas nous pourrions accepter. 

Que rependez-vous aux accusations de votre adversaire Umaro Sissoco Embalo? Il vous accuse être un diviseur ( région, religion ).

Ces accusations n’ont pas de fondements. Je suis un homme politique de premier plan dans mon pays. J’aspire à diriger la destiné de mes concitoyens. Je m’exprime toujours comme un bissao-guinéen bien que je n’oublie pas et reste fier de mes racines, de ma culture. J’appelle toujours à l’union. Je n’ai jamais eu un discours diviseur.

 

Propos recueillis par Roger Musandji Nzanza.

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